Mercredi 17 juillet 2019

Musée

Les musées britanniques devront dorénavant trouver des sponsors « éthiques »

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 10 novembre 2015 - 518 mots

BIRMINGHAM / ROYAUME-UNI

BIRMINGHAM (ROYAUME-UNI) [10.11.15] – Alors que le financement public baisse et que les musées doivent sans cesse chercher des sources de financement alternatives, ces derniers devront désormais veiller à ce que leurs mécènes partagent leurs valeurs éthiques, sous peine d’être sanctionnés par la Museums Association.

Avec pour objectif de relancer le débat sur l’éthique des musées, la Museums Association a revu son code de déontologie, approuvé le 5 novembre 2015 à l’Assemblée générale annuelle qui s’est tenue à Birmingham. Selon ce nouveau code, les musées devront désormais s’assurer que les sponsors et mécènes qui les soutiennent partagent les mêmes « valeurs éthiques » qu’eux, relate la BBC.

Ces dernières années, de grands musées britanniques comme la Tate, le British Museum, la National Portrait Gallery et le Science Museum ont été vivement critiqués pour le soutien financier qu’ils reçoivent des grands groupes pétroliers BP et Shell. De nombreuses actions ont été engagées pour dénoncer cette politique de sponsorisation culturelle des sociétés pétrolières et les institutions culturelles qui les approuvent ouvertement. Un flash mob s'est notamment tenu le 13 septembre dernier au British Museum pour protester contre sa sponsorisation par le géant britannique du pétrole et du gaz BP, et la Tate a été contrainte en décembre 2014 par l’association écologiste Platform à rendre public les modalités de son partenariat avec BP entre 1990 et 2006.

Le président de la Museums Association et directeur de National Museums Liverpool, David Fleming, a soutenu que « l’examen par le public du mécénat et de l’endroit d’où provient notre argent ne va pas disparaitre ». Selon la directrice de la Museums Association, Sharon Heal, cette problématique va devenir plus prégnante à mesure que les subventions publiques s’amoindrissent. « Il y aura moins de financement public dans les musées, et donc une pression sur les musées pour trouver des sources de financement alternatives. Les musées devront penser de façon éthique sur l’origine de ces financements, de sorte qu’ils ne brisent pas la confiance que le public place en eux ». Dans le cadre du nouveau code d'éthique, les musées et galeries doivent donc « chercher le soutien d'organisations dont les valeurs éthiques sont compatibles avec celles du musée ».

Dans ce nouveau code, il est également précisé que les sponsors ne doivent en aucun cas exercer une influence sur le contenu des expositions. Cette directive fait écho à la polémique qui a éclaté en mai dernier, concernant une nouvelle galerie consacrée au climat au Science Museum de Londres, parrainée par le groupe pétrolier Shell. Plusieurs emails ont été révélés dans The Guardian, qui montrent que Shell aurait tenté d'influencer la présentation et la programmation du musée, ce que le géant pétrolier et la direction du musée ont fermement démenti.

La Museums Association a enfin rappelé qu’essayer de vendre des œuvres ou des objets était formellement interdit par l’Association dans la majorité des circonstances. « Nous avons constaté une augmentation au cours des 18 derniers mois des institutions qui veulent disposer financièrement des objets ou de certaines parties de leur collection et qui viennent chez nous pour des conseils », a ainsi affirmé Sharon Heal.

Légende photo

Vue de l'intérieur de la Tate Modern © Photo Poco a poco - 2014 - Licence CC BY-SA 4.0

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