Vendredi 13 décembre 2019

Restitutions

Restitution, des activistes investissent le British Museum

Par Jérémie Glaize · lejournaldesarts.fr

Le 12 décembre 2018 - 329 mots

LONDRES / ROYAUME-UNI

Des représentants de minorités ont réclamé la « restitution » d’objets qu’ils considèrent « pillés », dont les marbres du Parthénon.

Manifestation British Museum
Manifestation de l'association BP or not BP
© Photo BP or not BP

Le British Museum a été envahi samedi dernier par plusieurs centaines de manifestants, suite à l’appel de l‘association BP or not BP. Celle-ci souhaitait attirer l’attention sur la provenance controversée de plusieurs objets présents dans les collections du musée, issues de « pillages » coloniaux, parmi lesquels un bouclier aborigène, un moaï de l’ile de Pâques ou même les fameux marbres du Parthénon.

Bouclier gwaegal
Bouclier gwaegal
© Photo British Museum

Pendant près de deux heures, plusieurs activistes ont pris la parole. Chacun d’entre eux était issu d’une des minorités réclamant le retour des objets concernés : aborigène d’Australie, irakien, hawaïen, maori ou grec. Rodney Kelly, activiste australo-aborigène, a ainsi exigé la restitution d’un bouclier gwaegal. Cet objet aurait été dérobé, en 1770, par le capitaine Cook à un guerrier dont l’activiste est un descendant direct et revêt une importance symbolique pour le peuple aborigène. « Il peut s’agir, pour certains, d’un simple morceau de bois, mais les aborigènes constituent un peuple spirituel ; la Terre est notre Mère » a-t-il indiqué.

L’association BP or not BP est habituellement connue pour ses interventions visant à dénoncer le partenariat qui lie l’entreprise BP au musée. Elle a ainsi profité de l’occasion pour critiquer à nouveau ce partenariat, en s’arrêtant dans la salle de l’exposition I am Ashurbanipal, king of the world, king of Assyria, sponsorisée par BP. Une activiste d’origine irakienne y a dénoncé l’hypocrisie de l’entreprise pétrolière et l’ironie de cette situation, en rappelant que l’entreprise avait soutenu la guerre en 2003.

Le British Museum, par la voix d’un porte-parole, a indiqué « respecter le droit de chacun à exprimer leurs opinions. Nous tolérons les manifestations pacifiques au sein-même du musée tant qu’elles ne portent atteintes ni aux collections, ni aux visiteurs ou aux équipes du musée ». « Le soutien fournit par BP a permis au musée de présenter des objets culturels du monde entier à une  audience immense, au travers d’expositions extrêmement populaires » s’est-il également défendu.

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