Mercredi 12 décembre 2018

Société

Un industriel militaire fait polémique au Design Museum

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 27 juillet 2018 - 480 mots

LONDRES / ROYAUME-UNI

Plusieurs artistes reprochent au musée britannique d’avoir ouvert ses portes à un fabriquant de matériel militaire privé.

Entrée du Design Museum à Kensington, Londres.
Entrée du Design Museum à Kensington, Londres.
Photo Ardfern

Plus de 25 artistes et collectifs ont adressé une lettre ouverte au Design Museum de Londres, lui reprochant d’avoir accueilli un événement privé organisé par Leonardo, une entreprise italienne spécialisée dans l’aviation et le matériel militaire, rapporte The Guardian. La réception pointée du doigt s’est tenue mardi 17 juillet dans le cadre du Farnborough International Airshow, un événement qui a lui-même fait l’objet d’une campagne de protestation. 

L’association Campaign Against Arms Trade (CAAT) a organisé plusieurs actions pour dénoncer le caractère militaire de l’événement, en marge des expositions et des démonstrations aériennes qui se sont déroulées dans une ambiance familiale du 16 au 22 juillet. Pour soutenir l’initiative, la CAAT a par ailleurs publié la lettre adressée au musée britannique en « une » de son site.

Les signataires accusent le Design Museum de faire preuve d’hypocrisie, compte tenu du thème de l’exposition en cours intitulée « Hope to Nope : Graphics and Politics 2008–2018 », qui explore jusqu’au dimanche 12 août le rôle majeur des arts graphiques et de la technologie dans l’engagement citoyen et dans les bouleversements politiques de ces dernières années, des « printemps arabes » aux réactions face au Brexit, en passant par l’élection de Donald Trump aux États-Unis. Les artistes expliquent que l’exposition « fait passer le musée pour progressiste et avant-gardiste alors que sa direction et son administration profitent joyeusement de l’argent des marchands d’armes ». 

Malgré un premier échange avec des représentants du musée, les artistes ne sont pas satisfaits. Ils rapportent l’argument de l’institution : « En tant qu’association, 98% de nos coûts de fonctionnement proviennent de la billetterie, des subventions et des locations pour des événements comme celui que nous avons accueilli ce soir-là. Il s’agissait d’une soirée privée pour lequel le musée ne fournit pas d’approbation »

En réaction, les artistes ont réclamé une politique de financement plus éthique, rejetant les « partenariats inappropriés avec les industries du tabac, des armes ou du secteur pétrolier ». Ils ont par ailleurs exigé le retrait de leurs œuvres de l’exposition. Le musée a déclaré prendre cette réaction au sérieux et s’est dit « en train de réfléchir à sa politique commerciale », toujours selon The Guardian.
 
Les financements des musées et institutions ont déjà fait débat ces dernières années. La présence de compagnies pétrolières parmi les mécènes des établissements publics a engendré plusieurs vagues de protestation, comme le rassemblement organisé en 2016 au British Museum contre le groupe British Petroleum. La Tate s’est par ailleurs vue contrainte dès 2015 de rendre publiques les modalités de son partenariat avec ce même groupe pétrolier, qui a par la suite choisi de mettre fin à son soutien financier. La Museums Association avait de son côté établi un code de déontologie pour obliger les musées à trouver des sponsors jugés éthiques.

Thématiques

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque