Ventes publiques

A New York, Picasso bat tous les records

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 12 mai 2015 - 592 mots

NEW YORK / ETATS-UNIS

NEW YORK (ETATS-UNIS) [12.05.15] – La vente évènement de Christie’s, « Looking Forward to the Past », récolte 705,8 millions de dollars, au-delà de son estimation (500 millions) et couronne Picasso dont la toile Femmes d’Alger devient la plus chère jamais vendue aux enchères (179,36 millions de dollars).

Pablo Picasso, Les femmes d'Alger (Version 'O')
Pablo Picasso (1881-1973), Les femmes d'Alger (Version 'O') , 14 février 1955, 114 x 146,4 cm

Christie’s devait frapper fort si elle voulait dépasser sa vente record du 12 novembre dernier lors de laquelle elle avait récolté 852,9 millions de dollars*. Hier soir, elle n’a pas dépassé ce montant, avec 705,8 millions de dollars d’adjudication mais obtient un record du monde avec Les Femmes d’Alger (version O), 1955, de Picasso, qui devient l’œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères, adjugée 179,36 millions de dollars (160 millions d’euros), distançant son estimation de 140 millions de dollars.

Elle bat ainsi le record détenu par le triptyque de Francis Bacon, Trois études de Lucian Freud, adjugé 142,4 millions de dollars chez Christie's New York en 2013 mais également Le Portrait du Docteur Gachet, de Van Gogh, adjugé 82,5 millions de dollars en 1990 chez Christie’s New York, soit 149 millions de dollars si l’on tient compte de l’inflation. Le tableau de Picasso ne devance cependant pas l’une des versions des Joueurs de cartes de Paul Cézanne, vendue 250 millions de dollars en 2012 de gré à gré entre les héritiers de l’armateur grec Georges Embiricos et les musées du Qatar, qui reste donc l’œuvre la plus chère du monde, ventes publiques et privées confondues.

Les Femmes d'Alger (version O), issu d’une série de 15 tableaux inspirée de l’œuvre célèbre de Delacroix, Femmes d’Alger dans leur appartement, avait déjà été vendu chez Christie's en 1997 (collection Ganz) pour 32 millions de dollars en valeur de l’époque (est. 10 à 12 millions de dollars). Démarrant à 100 millions de dollars, les enchères se sont terminées 11 minutes et demie plus tard par cette adjudication record au téléphone. Ni le vendeur ni l’acquéreur n’ont été révélés par la maison de ventes.

Cette vacation, montée par Loïc Gouzer, directeur du département d’art contemporain, réunissait 35 lots d’une trentaine d’artistes, les plus influents du XXe siècle, tant moderne que d’après-guerre, de Monet à Peter Doig, en passant par Picasso et Andy Warhol. La maison de ventes a réuni des périodes traditionnellement vendues séparément car elle souhaite encourager les plus gros collectionneurs de la planète à enchérir indifféremment dans les 2 moments clefs que sont l’art moderne & impressionniste et l’art contemporain. Sur les 35 lots proposés à la vente, seul un n’a pas trouvé preneur, un mobile de Calder, vers 1937, estimé 5 à 7 millions de dollars. Il faut dire que la plupart des lots étaient garantis soit par la maison de ventes elle-même, soit par des tiers, les vendeurs préférant limiter les risques.

D’autres records mondiaux sont tombés lors de cette soirée qui en a vu dix en tout, dont L’Homme au doigt, un bronze de 1947 de Giacometti, qui a été adjugé en 3 minutes 141,28 millions de dollars (est. 130 millions de dollars). Il s’agit non seulement d’un record pour l’artiste, qui supplante L'homme qui marche, adjugé 65 millions de livres (103 millions de dollars) en 2010 chez Sotheby's à Londres, mais également d’un record mondial pour une sculpture.

Surprise également pour Jean Dubuffet, dont la toile Paris Polka, a été adjugée 24,8 millions de dollars, soit trois fois plus que son record établi en novembre 2014 chez Sotheby's New York pour Cité Fantoche (7,4 millions de dollars).

Note

* Frais compris, comme tous les prix indiqués sauf mention « prix marteau ».

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