Vendredi 13 décembre 2019

Musée

Le rythme des chantiers de musées ne faiblit pas

Par Francine Guillou · Le Journal des Arts

Le 10 mai 2018 - 955 mots

FRANCE

De Paris à Cahors, en passant par Troyes, les rénovations et créations en cours de musées sont nombreuses, témoignant d’un investissement continu de l’État, et surtout des villes, dans ces équipements culturels.

Nouveau bâtiment d’accueil du musée de Cluny, Paris.
Nouveau bâtiment d’accueil du musée de Cluny, Paris.
©Bernard Desmoulin

Régulièrement, certains oracles annoncent la fin des grands travaux culturels, évoquant tout à la fois coupes budgétaires et manque de vision politique. Mais si un chantier de l’ampleur de celui de la restauration du Musée d’arts de Nantes n’est pas courant, avec ses 1218 musées labellisés « musée de France » l’Hexagone est continuellement pris dans des vagues de rénovations de musée. Un récapitulatif des chantiers en cours les plus marquants révèle un cycle de 25 à 30 ans entre chaque grande rénovation. Un laps de temps qui a tendance à se réduire concernant la muséographie avec des refontes de plus en plus fréquentes, notamment avec des outils multimédias de plus en plus concurrentiels.

Avec le « Plan de rénovation muséale de la Ville de Paris » doté de 100 millions d’euros et annoncé en grande pompe en 2015, Paris a « fait le choix de valoriser le patrimoine existant (…) plutôt que de créer de nouvelles structures culturelles », expliquait alors Bruno Julliard, premier adjoint en charge de la Culture. Grand bénéficiaire de ce plan avec un chantier estimé à 43 millions d’euros, le Musée Carnavalet est actuellement fermé et en cours de rénovation jusqu’en 2020. Le Musée de Cluny (un musée national), lui, vient de fermer ses portes pour quelques mois afin d’achever les travaux de son nouveau pavillon d’accueil. Il ne rouvrira en totalité qu’en 2020 avec l’achèvement de sa refonte muséographique. Ce projet intitulé « Cluny 4 » a débuté en 2015 : c’est le premier projet de rénovation d’envergure pour le musée depuis les années 1950, estimé à 23 millions d’euros. Toujours à Paris, il faut signaler le projet de rénovation du Musée national de la Marine, à Chaillot. Dernière grande institution à faire sa mue sur la colline, le musée a fermé ses portes en 2017 pour quatre ans de travaux. Le ministère de la Défense a dégagé près de 50 millions d’euros pour revoir en profondeur murs et parcours. En 2021, le directeur Vincent Campredon rêve d’y « faire vivre la mer, en proposant des séminaires, des colloques » et des manifestations autour des thématiques maritimes.

En région aussi les chantiers sont multiples

La capitale n’est pas le seul théâtre de rénovations profondes. En région, les chantiers sont aussi d’importance : en matière d’espaces, de projets scientifiques et de budgets. À Troyes, le Musée d’art moderne vient de fermer ses portes pour deux ans de travaux et le Musée des beaux-arts clora les siennes en 2019. Pour créer son futur pôle muséal dans des équipements rénovés, la ville a consenti un budget de 19 millions d’euros. À Reims, un grand projet de rénovation et d’extension du Musée des beaux-arts est enfin sur les rails, après quinze ans d’aléas politiques et économiques. Après la construction de réserves externalisées, les travaux du musée pourraient s’achever d’ici 2023 pour un budget global estimé à 60 millions d’euros. À Besançon, le Musée des beaux-arts et d’archéologie, fermé depuis 2014, rouvrira cette année, étendu et rénové.

À Amiens, le vaste chantier de rénovation-extension du Musée de Picardie court depuis presque dix ans. Avec un premier étage fermé depuis 2008, ce palais des arts du second Empire bénéficie d’une cure de jouvence en matière de normes muséales et d’accessibilité. Il est fermé depuis 2017 et rouvrira en 2019 après un chantier complexe. À Nancy, les portes du Musée Lorrain sont closes depuis quelques semaines : le musée, petit joyau architectural, va être doté d’une extension contemporaine après consultation publique des Nancéens. « Un musée-promenade » revisité pour un montant de près de 40 millions d’euros.

À Dijon, pour ne pas fermer le Musée des beaux-arts, la municipalité a fait le choix de procéder à des travaux en phases successives, comprenant des fermetures d’espaces en tiroirs. Actuellement en phase deux, le musée devrait rouvrir totalement agrandi et rénové en 2019. À Montauban, le Musée Ingres est fermé depuis janvier 2017, et rouvrira en 2019. De lourds travaux sont en cours dans l’ancien palais épiscopal de la préfecture du Tarn-et-Garonne. À Cahors, le Musée Henri-Martin vient d’entrer dans la phase de gros œuvre, après s’être illustré en 2012 avec la préemption par l’État de quinze toiles de peintre pour un montant d’1,5 million d’euros, à destination du musée. À Roubaix, le Musée de La Piscine est fermé pour quelques mois, afin d’achever les travaux de son extension.

Dans les plus petites villes, les musées de Lodève, Morlaix ou le Musée Bonnat-Helleu à Bayonne sont actuellement fermés et en travaux. Aux portes de Paris, à Boulogne-Billancourt, le Musée Albert Kahn prépare sa réouverture en 2019 dans un bâtiment conçu par l’architecte japonais Kengo Kuma.

De nouveaux musées

Cette vitalité se retrouve aussi dans les créations de nouveaux musées. Ainsi, Nîmes prépare l’ouverture en juin de son Musée de la Romanité, projet aux longs cours de présentation des collections archéologiques nîmoises. En parallèle, la Région Occitanie travaille à son projet de Musée régional de la Narbonne antique, dans un édifice conçu par Norman Foster pour 50 millions d’euros. Ouverture prévue en 2020 pour ce musée nouvellement baptisé Narbo Via, entre émulation et concurrence face à son cousin nîmois. À Paris, la Banque de France achève la rénovation de l’hôtel Gaillard, après un chantier difficile, retardé par la présence de plomb et d’amiante. D’ici fin 2018, la Cité de l’économie et de la monnaie, rebaptisée « Citéco », ouvrira ses portes, inspirée par la Cité des sciences.

Ce passage en revue non-exhaustif des rénovations en cours dans les musées révèle donc une nouvelle vague de rénovation qui ne faiblit pas. La fin des grands travaux n’est pas encore venue !

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°500 du 27 avril 2018, avec le titre suivant : Le rythme des chantiers de musées ne faiblit pas

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