Dimanche 15 septembre 2019

Ventes publiques

La fin des « cols rouges » de Drouot

Par Jean-Christophe Castelain · lejournaldesarts.fr

Le 14 septembre 2010 - 449 mots

PARIS

PARIS [14.09.10] – Drouot vient enfin de désigner un nouveau prestataire, la société André Chenue, pour assurer la manutention des objets en remplacement de l’UCHV, mise en examen. Mais il en faudra plus pour redynamiser l’hôtel des ventes, si l’on en croit le rapport commandé par le ministère de la Justice et dont Les Echos ont révélé les grandes lignes.

« Avec un produit de 250 millions € au 1er semestre 2010, en hausse de 16.8 %, DROUOT consolide sa position phare sur le marché de l’art français et international. Cette hausse démontre qu’acheteurs et vendeurs maintiennent leur confiance dans DROUOT, récompensant ainsi le grand professionnalisme et le dynamisme des commissaires-priseurs parisiens. » Le communiqué de presse de Georges Delettrez, le président de Drouot commentant le bilan du semestre serait comique s’il n’était pas pathétique.

A quelques jours des premières ventes de la rentrée, les dirigeants de l’hôtel parisien des ventes ont enfin choisi un nouveau prestataire pour la manutention des objets, depuis la mise en examen de l’Union des commissionnaires dont plusieurs des « savoyards », encore appelés « cols rouges » ont participé à des vols. Il s’agit d’André Chenue SA, une société spécialisée dans le transport d’œuvres d’art. Elle appartient à la holding financière Horus qui s’était portée candidate en 2002 au rachat de L’ŒIL et du JOURNAL DES ARTS. Il est cependant probable que le nouveau prestataire fasse appel à quelques uns des cols rouges.

C’est dans ce contexte que Martine Robert du journal Les Echos a pu consulter le rapport commandé par Michèle Alliot-Marie sur le fonctionnement de Drouot. Le rapport contredit point par point l’optimisme de circonstance de Georges Delettrez, pointant entre autres « une gouvernance minimaliste ».

Le rapport envisage plusieurs pistes pour « redresser la confiance » et redynamiser l’hôtel des ventes: le marquage des objets, un changement des pratiques commerciales et marketing, une réforme du mode de gouvernance, un déverrouillage de l’actionnariat. Car le « drame » pour les 70 commissaires priseurs parisiens propriétaires de l’hôtel des ventes, est que Drouot gagne beaucoup d’argent. Entre la location des salles et la Gazette de Drouot, la structure est très profitable. La majorité des commissaires priseurs, n’a pas vraiment envie de moderniser ce bel outil.

Astucieusement, Artprice et son président Thierry Ehrmann profite de ce climat difficile pour mener son offensive. Celui qui a voulu un temps racheter la Gazette de Drouot offre maintenant aux maisons de vente sa plateforme internet pour organiser des enchères électroniques. Mais le procès qui oppose le bouillonnant président-artiste à plusieurs maisons de ventes pour un problème de droit de reproduction des catalogues de vente n’est pas de nature à faciliter la démarche.

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Entrée principale de Drouot Richelieu - © Photo A. Malvoisin / Artclair

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