Ventes publiques

Sotheby’s France devance Christie’s en 2018

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 19 décembre 2018 - 744 mots

PARIS

Avec un CA de 251,5 millions d’euros, Sotheby’s arrive en tête, devant Christie’s qui chute de 30 % et Artcurial qui stagne.

Vente Sotheby's Paris
Vente Sotheby's à Paris
© Photo Micha Patault / Sotheby's

Le produit d’adjudications cumulées des trois plus grandes maisons de ventes en France totalise 674,7 millions d’euros (frais de vente compris mais hors TVA) pour l’année 2018, contre 773 en 2017. Cette baisse est imputable à Christie’s dont le chiffre d’affaires chute de 30 % tandis que celui des deux autres opérateurs progresse légèrement. 

Ainsi, Sotheby’s ravit la première place à Christie’s, place qu’elle occupait depuis 3 ans. Avec un total de 251,4 millions d’euros, elle affiche un produit de vente record, même si sa hausse est symbolique (+2,2 %). « Alors que tous les départements contribuent au succès de l’année, la vente de la collection Pierre Bergé, la vente d’art contemporain du printemps et notre vente d’art d’Asie en juin ont fait toute la différence », a commenté Mario Tavella, Président-directeur général de Sotheby’s France. En effet, le cumul de la collection Pierre Bergé qui a atteint 27,4 millions d’euros, le record pour une vente d’art contemporain en France (45,5 M€) ainsi que le record pour une vente d’arts d’Asie en Europe (30 M€) ont permis à l’opérateur américain de prendre le leadership. Sotheby’s est numéro 1 dans plusieurs départements : art contemporain (82,7 M€), art d’Asie (35 M€) ou encore design (25 M€). La maison de ventes remporte également la plus haute enchère en France pour l’année 2018 avec un vase en porcelaine, Chine, Dynastie Qing, époque Qianlong, adjugé 16,2 millions d’euros. 

En deuxième position, Christie’s affiche un total de 234,3 millions d’euros contre 342 en 2017, soit une baisse de 31,5 %. L’an passé, la société de François Pinault avait bénéficié de collections prestigieuses qui avaient toutes fait un carton comme la collection Prat (39,5 M€) qui avait permis au département d’art contemporain de tenir la dragée haute à Sotheby’s avec un produit d’adjudications de 96 millions d’euros, ce chiffre étant retombé à 77,4 millions cette année. Les collections Hubert de Givenchy (32,7 M€) et Vérité (16,7 M€) étaient également venues renforcer le résultat final. Celles dispersées cette année par l’antenne parisienne n’ont pas atteint les sommets de l’an passé, ne dépassant pas les 10 millions d’euros : la collection Juan de Beistegui a, par exemple, recueilli 7,7 millions d’euros. Le lot le plus cher enregistré par Christie’s, loin derrière le vase chinois de Sotheby’s, est un tableau de Nicolas de Staël, Fleurs, vendu 8,2 millions d’euros, un record mondial (*) pour l’artiste.

Artcurial, comme à son habitude, occupe la 3e place du podium avec un chiffre d’affaires de 195,3 millions d’euros (189 millions hors TVA, selon nos calculs). La maison de ventes du Rond-Point des Champs-Elysées, qui enregistrait une baisse l’an dernier est repartie à la hausse avec une croissance, elle aussi symbolique de 2,2 %. « Notre stratégie de se spécialiser dans tous les domaines et de ne rien laisser de côté car les collectionneurs sont de plus en plus polyvalents est gagnante », s’est félicité François Tajan, président délégué d’Artcurial. Plusieurs départements ont progressé à l’instar de celui d’art contemporain (+ 26 %) avec 26,8 millions d’euros dont 6 millions pour le Street art ou encore celui des arts d’Asie qui double son chiffre en un an passant de 2,3 à 5,7 millions d’euros. En revanche, Artcurial Motorcars, le département phare de la maison totalise 6 millions de moins qu’en 2017 (54 M€ contre 60). Quant au lot le plus cher décroché par l’opérateur français, il revient à Raccommodeuses de filets dans les dunes, 1882, de Van Gogh vendu 7 millions d’euros. C’est également la plus haute enchère en matière d’art impressionniste et moderne en France pour 2018.

Du côté de Drouot, le chiffre d’affaires (qui ne comprend pas les « after sales » contrairement à ceux des autres opérateurs) s’élève à 376 millions d’euros (TVA incluse) contre 378 en 2017 (-0,5%). 10 enchères millionnaires ou multimillionnaires (19,2 M€) contre 14 en 2017 (35 M€) expliquent ce très léger fléchissement, compensé cependant par 128 collections ayant dégagé un total de 92,8 millions d’euros (70 M€ en 2017).

Erratum - 23 janvier 2019

(*) Dans l'article mis en ligne le 18 décembre 2018, il a été écrit par erreur que la vente de Fleurs était le record mondial de Nicolas de Staël, il s'agit en fait de son record européen. Son record mondial est la vente de son Nu debout (1953), adjugé le 17 mai 2018 à 12,1 M$ (est.7,5 à 9,5) chez Christie’s New York . 

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