Ventes publiques

Art contemporain, Sotheby’s Paris reprend la tête

Par Alexia Lanta Maestrati · Le Journal des Arts

Le 12 décembre 2018 - 573 mots

PARIS

Les dernières vacations de l’année placent Sotheby’s en leader de la catégorie en France, devançant sa concurrente Christie’s. Pour Artcurial, cette session de décembre est un échec.

Paris. À New York, l’œuvre de David Hockney Portrait of an Artist (Pool with Two Figures) s’envolait pour 90,3 millions de dollars (79,4 M€) sous le marteau de Christie’s en novembre dernier. À Paris, ce montant représente le volume total des ventes d’art contemporain de Sotheby’s en 2018 (82 M€). Ces résultats se révèlent pourtant solides pour l’auctioneer américain qui se positionne en leader de ce marché face à sa concurrente Christie’s, dont les résultats sont en baisse, passant de 96,5 millions d’euros en 2017 à 77,4 millions d’euros en 2018.

Décembre est le troisième temps fort de l’année pour l’art contemporain, mais les vacations de cette catégorie ont perdu de l’ampleur depuis que Sotheby’s et Christie’s misent sur les ventes d’octobre, qui se déroulent en concomitance avec la Fiac (Foire internationale d’art contemporain). Réalisant cette année un total cumulé de 52,2 millions d’euros, Sotheby’s et Christie’s affichent des résultats similaires et consistants avec des taux de vente élevés : 24 millions d’euros dont 18 millions d’euros et 87,5 % de lots vendus lors de la vente du soir pour Sotheby’s ; 23,6 millions d’euros dont 15,2 millions d’euros et 93 % de lots vendus lors de sa vente du soir pour Christie’s.

Artcurial, troisième maison de ventes aux enchères française, ne veut pas communiquer sur ses mauvais résultats. Ses deux vacations d’art contemporain ont récolté 4,6 millions d’euros (estimée aux alentours de 5,7 M€) : une dizaine d’œuvres n’ont pas trouvé preneur lors de sa vente du soir, notamment une céramique de Lucio Fontana de 1949 estimée entre 800 0000 euros et 1,2 million d’euros, soulignant une perte de vitesse dans le domaine de l’art contemporain. Avec sa vacation d’art moderne organisée en parallèle, la maison réalise un chiffre d’affaires de 7,2 millions d’euros pour 57 % de lots vendus.

Huit enchères ont franchi la barre symbolique du million d’euros. L’adjudication star de la saison revient à Forestine, une grande toile de 1954 du Québécois Jean-Paul Riopelle adjugée 4,3 millions d’euros chez Sotheby’s. Parmi les enchères millionnaires, Long Delayed Nude de Tom Wesselmann (1,7 M€) et Sekito de Kazuo Shiraga (1,4 M€), chez Sotheby’s. Chez Christie’s, l’enchère record revient à Bonne année de Zao Wou-ki (3,9 M€). Deux œuvres de Pierre Soulages ont également franchi la barre du million chez Christie’s ; Peinture 130 x 97 cm, 27 août 1963 est partie pour 2,1 millions d’euros et Peinture 130 x 92 cm, 30 avril 1981 pour 1,3. Ces résultats sont bien loin du record outre-Atlantique du nonagénaire, devenu l’artiste français vivant le plus cher vendu avec Peinture 186 x 143 cm, 23 décembre 1959, adjugée 10,6 millions de dollars (*) sous le marteau de Christie’s New York en novembre.

Notons également que l’œuvre dotée de l’estimation la plus haute de la soirée chez Sotheby’s, une toile de Nicolas de Staël (estimée entre 4,5 et 6,5 M€), est restée sur le carreau, ainsi qu’une œuvre de Jean Fautrier. Chez Christie’s deux toiles n’ont pas trouvé preneur, l’une de Miquel Barceló, l’autre de Maurice Estève.

Toutes les estimations sont indiquées hors frais acheteur tandis que les résultats sont indiqués frais compris.

ERRATUM - 15 juillet 2019

(*) Dans notre parution Le Journal des Arts n°513 datée du 14 décembre 2018, nous avons écrit par erreur « 11 M$ » au lieu de « 10,6 M$ »

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°513 du 14 décembre 2018, avec le titre suivant : Art contemporain, Sotheby’s Paris reprend la tête

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