Ventes publiques - Bilan

Christie’s France leader pour la 3e année consécutive

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 21 décembre 2017 - 804 mots

PARIS

PARIS [21.12.17] - Avec 342 millions d’euros, Christie’s arrive en tête devant Sotheby’s et Artcurial, en 3e position. Le trio de tête enregistre une croissance de 15 % en un an signalant la bonne santé du marché en France

Le produit d’adjudications cumulées des trois plus grandes maisons de ventes françaises totalise 773 millions d’euros (frais de vente compris mais hors TVA) pour l’année 2017, contre 668,2 en 2016. Christie’s, qui conserve la première place du classement pour la 3e année d’affilé, n’y est pas pour rien puisqu’elle engrange 342 millions d’euros, près de 100 millions de plus que l’an passé ( 40 %). « Cette hausse est le reflet de notre capacité à avoir su attirer les grandes collections », commente Edouard Boccon-Gibod, directeur général de Christie’s France. Il s’agit également du plus haut total (hors vente Yves Saint Laurent-Pierre Bergé, 2009, 319 M€) jamais réalisé par une maison de ventes aux enchères sur le sol français.

Plusieurs dispersions de collections prestigieuses - qui ont toutes fait un carton - sont venues alimenter ce chiffre, comme les collections Prat (39,5 M€), Hubert de Givenchy (32,7 M€) ou Vérité (16,7 M€). L’opérateur est leader dans presque tous les domaines (sauf en peinture et arts décoratifs anciens) avec une forte progression notamment en art contemporain qui totalise 96 millions d’euros ( 40% par rapport en 2016) suite à la dispersion de la collection Prat pendant la Fiac. « Notre stratégie de mise en œuvre de nos grosses ventes au moment de la grande activité culturelle parisienne fonctionne plus que jamais et nous permet de convaincre les vendeurs de nous confier les œuvres à ce moment là », indique le directeur général. L’exemple le plus probant est la photographie de Man Ray, Noire et blanche, qui, à 2,6 millions d’euros est la photographie de l’artiste la plus chère jamais vendue. « C’est un collectionneur qui n’est pas français qui nous l’a confiée pour la vendre pendant la foire Paris Photo car il savait qu’à ce moment là, les plus grands acheteurs de photographies seraient présents », rapporte Edouard Boccon-Gibod. Quant aux autres départements, ils enregistrent aussi de fortes hausses, comme le design avec 50 millions d’euros ( 145 %) et l’art tribal, qui passe de 5,7 à 27 millions d’euros avec la collection Vérité. C’est également Christie’s qui est détentrice de l’enchère la plus haute de l’année avec Grande Femme II, d’Alberto Giacometti (24,9 M€).

Sotheby’s arrive en 2e position avec un chiffre d’affaires de 246 millions d’euros (frais compris hors TVA), en progression de 12 %. En incluant le total de RM Sotheby’s - regroupant les ventes de voitures de collection - la maison de vente atteint 273,6 millions d’euros ( 24,5 %). « Il s’agit de notre meilleure année. La hausse est notamment due aux départements XXe, qui ont tous fortement progressés », souligne Mario Tavella, le PDG. En effet, l’art contemporain a augmenté de 40 % avec 79 millions d’euros, l’art impressionniste et moderne enregistre une croissance de 43 % (43 M€) tandis que le design affiche la plus forte hausse avec 40,5 millions d’euros récoltés ( 76,4 %). La collection Jacques Grange qui a totalisé 28,4 millions d’euros a pesé lourd dans la balance. C’est d’ailleurs une pièce issue de cette collection, le fameux bar Les autruches, de Lalanne qui est le lot le plus cher que la maison ait vendu cette année en France. Cette hausse du chiffre d’affaires global s’explique également par un nombre plus important de ventes (36 cette année contre 32 l’an dernier). En revanche, les départements Asie, art tribal et arts décoratifs anciens affichent une baisse comprise entre 20 et 40 %.

Sur la troisième marche du podium, Artcurial totalise 185 millions d’euros frais compris sans la TVA (191,1 M€ avec la TVA), soit un retrait de 6 % par rapport à 2016. La maison de ventes du Rond-point des Champs Elysées s’en tire plutôt bien car cette année, elle n’a pas eu la possibilité de réitérer l’exploit de l’an passé avec la vente d’une Ferrari à 32,1 millions d’euros. « Sans cette voiture, à paramètre comparable, nous enregistrons une hausse de 6,5 % », a tenu à préciser Nicolas Orlowski, PDG du groupe Artcurial qui vient juste de faire l’acquisition du groupe immobilier de luxe John Taylor avec ses fonds propres. Aussi, sans cette enchère multimillionnaire, le département automobiles de collection - secteur phare d’Artcurial - affiche une baisse de 25 % (60 M€). Il devrait cependant reprendre le dessus en 2018 puisque l’opérateur mettra à l’encan en février prochain, lors du salon Rétromobile, la Ferrari gagnante des 24h du Mans dotée d’une estimation astronomique de 25 à 35 millions d’euros. Artcurial reste toutefois à la traine en matière d’art contemporain avec 16,5 millions d’euros récolté (-20 %), quand ses concurrentes se rapprochent des 100 millions.

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Logos de Christie's, Sotheby's et Artcurial

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