Lundi 16 septembre 2019

Vol - Numérique

Une application mobile italienne pour lutter contre le trafic des biens culturels

Par Marion Le Bec · lejournaldesarts.fr

Le 4 avril 2014 - 390 mots

ROME (ITALIE) [04.04.14] – Suite à l’annonce des œuvres de Gauguin et Bonnard retrouvées, les carabiniers italiens chargés de lutter contre le trafic de biens culturels lancent une application mobile accessible à tous pour retrouver les œuvres d’art volées.

Lors d’une conférence de presse sur la redécouverte des deux œuvres d’art volées à Londres en 1970, le général Mossa, à la tête des carabiniers spécialisés dans la protection du patrimoine culturel, a également fait part du lancement prochain d’une application mobile destinée à impliquer les citoyens dans la recherche d’œuvres disparues.

L’application « iTPC » sera disponible sur AndroidMarket et AppleStore et permettra à son utilisateur de participer à la protection du patrimoine culturel via 4 fonctionnalités. L’une d’entre elle permet la consultation de la base de données. L’autre est l’envoi de clichés d’œuvres d’art aux policiers afin que ces derniers puissent établir des comparaisons.

A ces outils visant un contrôle a posteriori dans le trafic des biens culturels s’adjoignent des fonctionnalités de contrôles a priori avec notamment la possibilité de créer des notices descriptives d’œuvres détenues par les particuliers ou institutions culturelles afin de les enregistrer dans le fichier de la police spécialisée.

Dernière option pour l’utilisateur, la géolocalisation du bureau de police le plus proche pour y dénoncer un vol ou obtenir des informations.

Le Commando Carabinieri Tutela Patrimonio Culturale, unité créée par le ministère de la Culture italien en 1969, administre une base de données d’œuvres d’art volées depuis 1980. Première plateforme de référencement des notices consacrées à des œuvres disparues ou volées, la base Leonardo a depuis lors été copiée dans différents pays ou organisations internationales. Au sein de l’Union Européenne, 15 Etats, dont l’Italie, ont désormais leur base à l’instar de la France avec TREIMA 2 (Thesaurus de recherche électronique et d’imagerie en matière artistique), outil de recherche pour l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) mis en place en 1995.

A un niveau international, une plateforme privée a été créée en 1991 au Royaume-Uni, l’Art Loss Register tandis qu’Interpol s’est doté d’un outil semblable en 2009. Toutefois, ces bases de données restent, la plupart du temps, accessibles aux seuls opérateurs du marché de l’art ou aux officiers de police eux-mêmes. L’initiative des carabiniers italiens vient donc ajouter un niveau de protection du patrimoine culturel par l’implication des particuliers amateurs d’art.

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Patrouille de carabiniers devant la villa Barbaro, Italie - © Photo Stefan Bauer - 2007 - Licence CC BY-SA 2.5

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