Dimanche 25 février 2018

Le département et la région affirment leur singularité

Les collectivités territoriales sont à la recherche d’une identité

Le Journal des Arts

Le 3 mars 2010

Soutien aux artistes installés dans le département pour le Conseil général, commandes aux artistes de la région et appui au Frac pour le Conseil régional : la Gironde et l’Aquitaine souhaitent affirmer leur singularité face à l’omniprésence bordelaise.

Les dissensions politiques permettent parfois de développer des expériences originales. Le département, à majorité PS, "s’est lancé dans une activité de défense des artistes girondins, car il entend marquer sa différence par rapport à Bordeaux, qui soutient les artistes internationaux", explique Fabienne Alexandre, directrice du fonds d’art du département. "II y a plus de 700 artistes installés en Gironde, et il faut leur redonner confiance" : le Conseil général finance un Forum de l’art, réunissant une centaine d’artistes après sélection d’environ 300 demandes chaque année. À l’issue de l’exposition qui se tient dans 5 communes du département, un jury décide d’acheter une vingtaine d’œuvres.

"Nous constituons un fonds et non une collection", précise Fabienne Alexandre. Ce fonds est ensuite mis à disposition pour des prêts et des actions pédagogiques dans les établissements scolaires, mais aussi les prisons et les banlieues. "En mai, nous allons inviter les artistes à travailler face au public pour un Forum des ateliers". Une politique résolument à contre-courant des pratiques de l’art contemporain, mais qui rencontre un franc succès populaire.

La région a, elle, adopté une stratégie plus classique. Elle soutient les artistes d’Aquitaine en attribuant, tous les deux ans, cinq bourses de 50 000 francs à cinq artistes. Par ailleurs, elle passe commande à des plasticiens photographes "sur des thèmes qui ont souvent trait à l’environnement, car la région s’y prête bien", estime Régine Graves, chargée de mission pour les arts plastiques au Conseil régional. "Nous complétons ainsi l’action du Frac qui, lui, n’a pas de limites territoriales", ajoute-t-elle.

Le Frac vide son sac
Car l’outil principal de la région Aquitaine demeure le Fonds régional d’art contemporain. Si le Frac est longtemps resté dans le giron du CAPC, c’est que Jacques Valade, RPR, président de la Région Aquitaine, "briguait la succession de Jacques Chaban-Delmas et n’avait rien à refuser à Bordeaux. Aujour­d’hui, tout est différent", estime un témoin de la scène locale.
Hervé Legros, nouveau directeur du Frac a, pour le relancer, décidé de "déballer l’ensemble de ses acquisitions depuis sa création en 1982". Soit au total près de 700 œuvres, que l’on peut voir jusqu’en septembre au Carré du Musée Bonnat de Bayonne. Par ailleurs, cinq commissaires invités proposent une exposition à partir de l’ensemble. "Ces choix pourront aider à définir des axes d’achats", précise Hervé Legros. Après Robert Fleck, Jean-Yves Jouannais donne son point de vue jusqu’à fin janvier, puis viendra le tour de Nathalie Viaud, de Philippe Vergne, et enfin d’Éric Desaille.

-Le Jardin des délices, jusqu’à fin septembre, Carré du Musée Bonnat, Bayonne (59 59 08 52.).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°21 du 1 janvier 1996, avec le titre suivant : Le département et la région affirment leur singularité

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