Foire

Tefaf Maastricht 2019 veut se régénérer

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 15 mars 2019 - 832 mots

MAASTRICHT / PAYS-BAS

Démonstration de force inédite pour la foire d’art et d’antiquités, qui renouvelle 40 de ses enseignes et impose une sélection plus encadrée pour maintenir son leadership. La présence française (55) n’a jamais été aussi forte.

TEFAF 2018
Stand de la galerie Richard Green à la TEFAF 2018
© Lorraine Bodewes

Maastricht. Tefaf de Maastricht (The European Fine Art Fair) demeure la plus grande foire au monde d’art et d’antiquités. Non seulement elle accueille le plus grand nombre de marchands, mais elle concentre aussi les plus grandes pointures dans chaque catégorie. Pour garder sa place de leader, la foire a fait, pour sa 32e édition, un grand ménage avant son ouverture. D’autant plus que, depuis trois ans maintenant, la bouture new-yorkaise de la manifestation a eu le temps de prendre et pourrait lui faire de l’ombre. Pour autant, « de nombreux visiteurs, impressionnés par la qualité de la foire à New York, ont prévu de se rendre à Maastricht alors qu’ils n’y sont jamais venus », rapporte Christophe de Quénetain, exposant et membre du comité exécutif et du conseil d’administration.

Sur les 280 exposants cette année – soit sept de plus qu’en 2018 –, 33 ne sont pas revenus, tandis que 40 nouveaux font leur entrée. À titre de comparaison, seulement 18 avaient rejoint la foire lors de sa dernière édition. Pourquoi un tel renouvellement ? « Nous souhaitons proposer un plateau qui soit la quintessence de la qualité en matière d’art et d’antiquités », explique Franck Prazan, exposant, mais aussi membre du bureau et du comité de sélection pour la section Tefaf Modern. Aussi, le protocole de sélection a été entièrement revu, alors qu’il était plutôt informel auparavant. « Désormais, les règles de sélection sont harmonisées d’un secteur à l’autre et sont établies sur des critères clairs », précise le marchand. Le candidat doit avoir une spécialité clairement définie, une forte présence à l’international, réaliser des expositions et des ventes notables… Par ailleurs, « à partir de cette année, nous appliquons à Maastricht ce que nous appliquons à New York depuis le début pour les commissions d’expertise : nous faisons essentiellement appel aux conservateurs, aux professeurs d’universités et aux historiens de l’art plutôt qu’aux marchands », souligne Christophe de Quénetain.

Au final, ne reviennent pas en 2019, entre autres : Ivo Bouwman (Pays-Bas), French & Compagny (USA), Carlton Hobbs (Londres), Sprovieri (Londres), Rob Kattenburg (Pays-Bas), Galerie Ludorff (Allemagne), Longari Arte Milano (Italie), Waterhouse & Dodd, mais aussi Keitelman Gallery (Belgique), Naumann (USA), Rupert Wace ou encore Perrotin, qui n’aura fait qu’une seule édition.

La section Art moderne et contemporain renforcée

Chacune des neuf sections (qui présentent en tout 30 000 objets couvrant plus de 7 000 ans d’histoire de l’art) a donc subi des remaniements plus ou moins prononcés. Mais l’une d’elle a été particulièrement renforcée, Tefaf Modern, renouvelée à 25 %. C’est un bon point pour la version hollandaise de la foire, qui, contrairement à la version new-yorkaise, manquait de poids lourd en la matière. « Nous étions déterminés à faire évoluer ce secteur. Nous lui avons injecté du sang neuf tout en lui permettant d’avoir une plus grande diversité, en incorporant notamment des galeries d’art contemporain du premier marché. Par ailleurs, nous avons sensibilisé tous les exposants de cette section Art moderne et contemporain à l’ADN de la foire : Classique et patrimoniale », précise Franck Prazan. Ainsi, sur les 57 exposants (54 en 2018), neuf galeries ne reviennent pas, tandis que treize font leur entrée, comme Almine Rech (Belgique), Pace Gallery (USA), Sprüth Magers (UK) et Simon Lee (UK) ou encore les Français Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Kamel Mennour ou la galerie Le Minotaure : « Nous avons jugé que le moment était favorable après les divers changements d’organisation. Et puis cette foire a la réputation d’être la plus belle du monde et vu sa localisation, à proximité des frontières allemande et belge, nous pensons toucher une audience plus large et diverse que celle de Cologne à laquelle nous avons participé deux fois », rapporte Benoît Sapiro.

Il n’est pas le seul Français à la foire, les galeries françaises pèsent de plus en plus lourd dans la balance : elles atteignent le chiffre record de 55 (contre 49 en 2018) grâce à l’arrivée de quatorze nouvelles enseignes, comme David Ghezelbash, Alexis Bordes, Pierre Passebon ou encore la galerie Monbrison. Les galeries anglaises restent les plus nombreuses, puisqu’elles sont 74, quand les marchands hollandais sont 31, les allemands 24, les belges 23 et les américains 20. Du côté des antiquités (Tefaf Antiques), la discipline compte 97 galeries contre 91 l’an passé. Le mobilier ancien qui manquait cruellement de représentants est renforcé avec l’intégration de deux galeries, françaises également : Léage et Gismondi.

Les autres secteurs sont peu remodelés. Le design accueille trois nouveaux acteurs : les Français Pierre Passebon et Alexandre Biaggi, ainsi que le Belge Pierre Marie Giraud. La section historique, Tefaf Paintings, est quant à elle composée de 54 marchands, soit cinq de moins qu’en 2018 : dix ne sont pas revenus, à l’instar de Jean-Luc Baroni, Derek Johns ou encore Otto Naumann, alors que Carlo Virgilio, Porcini ou bien Nicholas Hall intègrent la prestigieuse manifestation.

The European fine art fair (Tefaf),
du 16 au 24 mars, MECC, Forum 100, Maastricht (Pays-Bas), www.tefaf.com

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°518 du 1 mars 2019, avec le titre suivant : Tefaf maastricht 2019 veut se régénérer

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