Foire

Tefaf New York Fall trouve son public

Par Capucine Moulas, correspondante à New York · lejournaldesarts.fr

Le 29 octobre 2018 - 580 mots

NEW YORK / ETATS-UNIS

Ouverte jusqu’au 31 octobre, la troisième édition d’automne de la foire d’art ancien à New York s’installe dans le paysage américain.

Tefaf New York Fall
Allée de la Tefaf New York Fall, 2018
© photo Mark Niedermann
Courtesy TEFAF

Derrière les portes massives de la Park Avenue Armory à New York, des accents américains, britanniques, français ou encore germaniques se mélangent sous les lustres baroques du bâtiment niché dans l’Upper East Side. Pour sa troisième édition d’automne, la foire d’art ancien Tefaf New York accueille 93 exposants, dont 12 nouveaux noms, sur deux étages du samedi 27 au mercredi 31 octobre, après un vernissage le vendredi 26 octobre.

« Le public américain, surtout à New York, peut se lasser des foires d’art. Nous avons vraiment cherché à créer une expérience pour nous différencier », explique Sofie Scheerlinck, directrice des foires Tefaf à New York depuis l’été dernier. « C’est pour cela que nous avons mis l’accent sur la programmation culturelle, le service de traiteur comme le bar à champagne ou le bar à huîtres et l’ambiance globale », précise la directrice flamande, dans le restaurant éphémère installé dans l’une des salles historiques du bâtiment.

Un public curieux
Dans une ville réputée pour ses foires d’art moderne et contemporain, la Tefaf New York Fall, avec ses tableaux anciens, tapisseries médiévales et autres pièces de joaillerie, semblent avoir trouvé sa place, témoignent les exposants. Malgré une météo maussade le premier jour, « le public américain est présent », constate Laura Kugel, de la galerie Kugel à Paris, installée à l’entrée de l’espace d’exposition. « Les gens sont très curieux, ils n'hésitent pas à poser des questions et sont ravis d'entrer dans une conversation sur les objets », ajoute la galeriste, qui confie avoir conclu « quelques ventes » depuis le début de la foire.

A l’autre bout du hall vouté de la Park Avenue Armory, Bertrand Gautier de la galerie Talabardon et Gautier constate la même « curiosité » new-yorkaise. « C’est un marché difficile parce qu'il y a un goût très particulier. Vous trouvez des gens qui collectionnent des bronzes de la Renaissance avec des sculptures antiques, des porcelaines du XVIIIe avec de l'art océanien, une touche d'estampes japonaises et au milieu de tout ça, un XIXe généralement très sélectif », explique l’antiquaire, qui a vendu deux œuvres dès le premier soir de vernissage, dont un dessin de Pierre Puvis de Chavannes.

Pour une première participation cette année, Cyril Sayegh de la galerie parisienne Florence de Voldère se dit agréablement surpris. « On nous disait que ça allait être très dur parce que c’est la première année mais on est plutôt satisfaits », relève le marchand. « Depuis quelques jours, la bourse de New York a perdu 10 %, ce qui est énorme en Amérique et malgré tout, les gens continuent à regarder les œuvres », ajoute-t-il, qui a lui aussi bouclé une première vente.

Un avant-goût de Maastricht
Si Laura Kugel aurait aimé voir davantage de musées américains parmi les visiteurs, Tanguy Moreau de la galerie Cybèle spécialisée dans l’Egypte antique affirme avoir séduit plusieurs institutions. « On a rencontré de nouveaux clients et des musées qui ne se déplacent pas toujours en Europe », se réjouit-il dans le stand tamisé de la galerie, elle aussi présente pour la première fois et déjà sûre de revenir l’an prochain. « C'est la plus belle foire d'art ancien des Etats-Unis à ce jour », résume Laura Kugel, qui voit cette édition new-yorkaise comme « un teaser pour Maastricht », foire-mère qui se tiendra du 16 au 24 mars 2019.
 

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