Mardi 25 septembre 2018

Foire

The European Fine Art Fair

Tefaf, le changement dans la continuité

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 8 mars 2018 - 764 mots

MAASTRICHT / PAYS-BAS

The European Fine Art Fair de Maastricht reste incontestablement la plus grande foire d’art et d’antiquités au monde. Un leadership bien ancré, qu’elle s’assure tout de même de consolider en renforçant son secteur XXe et XXIe siècles.

L'entrée de TEFAF en 2017
L'entrée de TEFAF en 2017
Photo Loraine Bodewes
Courtesy TEFAF

Tefaf (The European Fine Art Fair) revient pour sa 31e édition, du 10 au 18 mars, dans la petite ville hollandaise de Maastricht. Forte de ses trente années d’expérience – elle existe depuis 1988 – la foire tentaculaire continue ­de ­cumuler tous les superlatifs : plus de 270 exposants, une surface d’exposition de plus de 30 000 mètres carrés et 30 000 objets couvrant plus de 7 000 ans d’histoire de l’art. La foire est aussi l’une des plus visitées au monde avec en moyenne 75 000 entrées chaque année. Sauf que l’an passé, elle a enregistré une baisse de fréquentation de 5,6 % (71 000 visiteurs). « Même si globalement aucun marchand n’a boudé Maastricht pour n’exposer qu’à New York [NDLR, où la foire s’est implantée en 2016], certains visiteurs ne traversent plus l’Atlantique, ce qui n’est pas forcément très judicieux », commente un connaisseur du marché.

Le nombre d’exposants ne fléchit donc pas, bien au contraire : 273 contre 270 l’an dernier, avec dix-huit nouveaux venus remplacer les dix-huit absents et trois retours. Comme à son habitude, la foire entame cette nouvelle édition avec son lot de nouveautés. D’abord, les dates d’ouverture ont été revues. N’ouvrant au public que le samedi 10 mars, ce n’est plus un jour de vernissage, mais désormais deux jours réservés aux visiteurs triés sur le volet. « Je ne suis pas certain que diluer la venue de ces VIP soit une bonne idée. Plus ils ont de temps pour réfléchir, moins vite ils se décident », estime Anthony Meyer, marchand en art premier.

Renforcement de l’art contemporain

L’autre changement de taille intervient au niveau des sections. La foire recense une trentaine de spécialités réparties en sections. Jusqu’ici, rien ne change. Pourtant, une des huit sections a été supprimée : Tefaf Curated, créée en 2015 pour renforcer la présence de l’art contemporain, le parent pauvre de la manifestation. « Cette section a été conçue pour compléter et attirer l’attention sur Tefaf Modern. Or, cette année, la foire connait une croissance du nombre de galeries d’art moderne et contemporain », expliquent les organisateurs de la foire. En effet, Tefaf Modern accueille cinq marchands de plus, soit au total 54, avec la venue notamment de Mazzoleni (Londres), Massimo de Carlo (Milan) et Perrotin (Paris, New York). En remplacement de Tefaf Curated, Tefaf Tribal voit le jour. Si la spécialité n’accueille pas de nouveaux participants en 2018 – elle avait été considérablement renforcée l’an passé – les sept spécialistes sont désormais regroupés dans un même espace au sein de Tefaf Antiques. À l’instar de Tefaf Modern, l’autre pôle consacré au XXe siècle, Tefaf Design, voit grossir ses rangs avec quatre marchands supplémentaires (seize en tout) dont les enseignes françaises Jousse entreprise, Oscar Graf et Thomas Fritsch. En revanche, la galerie parisienne L’Arc en Seine n’est pas présente. « Nous exposerons en mai à Tefaf New York Spring. Ces deux foires étant très proches dans le temps (à peine deux mois d’intervalle), nous avons privilégié celle de New York », précisent Christian Boutonnet et Rafael Ortiz.

Les Français encore plus présents

Quant aux autres sections, elles subissent peu de remaniements. La plus importante en nombre reste Tefaf Antiques, même si celle-ci réduit la voilure. De 94 marchands, elle passe à 91, puisque les six défections, dont Aveline et Galerie 1492, n’ont été compensées que par deux arrivées, S Franses (Londres) et Walter Padovani (Milan). L’autre section historique, Tefaf Pictura, accueille le même nombre de participants que l’an passé avec trois départs, dont les poids lourds londoniens Johnny Van Haeften et Moretti, et trois retours : Otto Naumann (États-Unis) Jean-François Heim (Bâle), Sanct Lucas (Autriche). Les sections Tefaf Paper et Tefaf Ancient Art (consacrée à l’archéologie) restent presque de même taille. Mais ce qui surprend le plus cette année est la présence accrue des exposants français : quarante-neuf au total (dix de plus qu’en 2017), une participation inédite. Parmi les nouveaux venus, citons les galeries Chenel (archéologie), de la Présidence et Zlotowski pour Tefaf Paper. Même la section Showcase, qui a mis le pied à l’étrier à plusieurs exposants, ne contredit en rien ce constat, puisque sur les cinq galeries sélectionnées, deux sont françaises : Charles-Wesley Hourdé, spécialisé en art tribal et la librairie Camille Sourget. Les autres nationalités se maintiennent, alors que le nombre de hollandais passe de 38 à 33 et que les Américains voient leur rang s’agrandir, passant de 20 à 24.

The European fine art fair (Tefaf)

MECC de Maastricht, du 10 au 18 mars, www.tefaf.com

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°496 du 2 mars 2018, avec le titre suivant : Tefaf, le changement dans la continuité

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