Tefaf fête ses 30 ans

La foire de Maastricht, toujours plus haut

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 28 février 2017 - 764 mots

La plus grande foire d’art et d’antiquités s’apprête à souffler ses 30 bougies sans festivités particulières ni changement notable. Toujours autant d’exposants s’y pressent, lui assurant un succès inégalé.

Pendant une dizaine de jours, la petite ville hollandaise de Maastricht va se retrouver au cœur du monde des arts et des antiquités, avec l’ouverture du 10 au 19 mars, de The European Fine Art Fair (Tefaf), la plus grande foire dans le domaine, concentrant les marchands internationaux les plus importants, chacun dans sa discipline. Non seulement cette foire est la plus grande en termes de volume – 30 000 m2 d’exposition, plus de 30 000 objets exposés parmi 30 spécialités depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours –, mais aussi du point de vue de la qualité. Elle est également la plus visitée dans sa catégorie, avec 75 000 visiteurs quand la Brafa (Brussels Antiques et Fines arts Fair) en compte 61 000 et la Biennale des antiquaires 20 000. Une sélection drastique, une organisation sans faille, un comité d’expertise en béton, des règles strictes et des stands à prix raisonnable restent les clés de ce succès.

C’est en 1988 que la foire prend son nom actuel et s’établit définitivement dans le centre d’exposition de Maastricht (MECC). À l’époque, c’est un petit salon régional, essentiellement composé de marchands en tableaux anciens et dont la clientèle provient des pays limitrophes. Tournée vers la peinture ancienne à ses débuts, la foire va petit à petit s’ouvrir à d’autres domaines, comme la joaillerie, les antiquités classiques, puis au XXe siècle et à l’art asiatique. En 2009 naît une nouvelle section, Tefaf Design. L’année suivante, la section Works on paper est créée. En 2015, la section Tefaf Curated est mise sur pied, venant renforcer Tefaf Modern, sous la houlette de Sydney Picasso, puis sous celle de Mark Kremer l’an dernier. Cette année, c’est Penelope Curtis, directrice du Musée Gulbenkian de Lisbonne qui s’est chargée de sélectionner les sept galeries d’art contemporain invitées à présenter un seul artiste. Quant à la section Showcase introduite en 2008, offrant à cinq jeunes galeries d’horizons différents l’opportunité unique de prendre part à l’événement, un seul français a été retenu cette année : le Parisien Renaud Montméat, spécialisé en art d’Asie. La foire a désormais intégré toutes les disciplines existantes. S’agissant du plan au sol, aucun changement notable pour l’édition 2017, contrairement à l’an passé.

39 exposants français
Du point de vue de la composition, la foire accueille cette année 270 marchands., « Tefaf New York n’a pas encore déshabillé la foire originelle », lance un professionnel du marché de l’art. Si le turnover de la manifestation est faible, il y a tout de même dix-neuf nouveaux participants, dont deux sont de retour, comme la galerie Matthiesen (Londres). Fait notable, six enseignes françaises font leur entrée, du jamais vu. Ainsi, Antoine Barrère, Bernard Dulon, Xavier Eeckhout, Éric Delalande, la galerie Kreo et le Lyonnais Michel Descours viennent pour la première fois à l’événement. Au total, la manifestation rassemble 39 Français contre 36 en 2016. Les Anglais restent en force, puisqu’ils sont 72 (75 en 2016) – « sans doute parce que les organisateurs sont majoritairement anglais », note un des exposants – les Hollandais se maintiennent à 38, tandis que les Allemands passent de 32 en 2016 à 24 cette année. Les Américains sont une vingtaine. Quant aux 19 absents, des poids lourds manquent à l’appel. C’est le cas de Otto Naumann (New York) et Jean-François Heim (Suisse) dans la section Tableaux anciens, Mallett (Londres) dans la section Tefaf Antiques ou encore Daniel Blau (Allemagne), Marlborough (Suisse) et The Fine Art Society (Londres) dans la section Tefaf Modern.

L’espace continue d’être divisé en sections, axées sur six disciplines majeures que sont les tableaux anciens, les antiquités, l’archéologie, le design, la section d’art moderne et Tefaf Paper, toujours au premier étage. La section la plus importante en nombre de représentants reste indéniablement celle des antiquités, puisqu’elle accueille 101 marchands, un chiffre identique à celui de l’an passé. La peinture ancienne, spécialité historique du salon, rassemble 59 professionnels, comme en 2016. La section moderne, l’autre pôle important, regroupe 49 participants contre 53 l’année dernière, quand ceux des sections archéologie et design sont au nombre de 12.

A priori, la récente implantation de Tefaf à New York ne semble pas avoir d’impact, en tout cas pour le moment. Il faudra sans doute attendre 2 ou 3 ans pour en juger. Mais nombre d’exposants qui préfèrent rester anonymes se demandent si à terme, Tefaf Maastricht ne va pas péricliter au profit de Tefaf New York qui pourrait prendre le dessus.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°474 du 3 mars 2017, avec le titre suivant : Tefaf fête ses 30 ans

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