Justice

Faux Hals, le vendeur rembourse Sotheby’s

Par Antonin Gratien · lejournaldesarts.fr

Le 3 avril 2019 - 371 mots

Le marchand britannique Mark Weiss a finalement transigé avec la maison de vente et lui a versé 4,1 M$ d’indemnités.

Faux Frans Hals Portrait d'Homme
Portrait d'homme, huile sur panneau, 32,4 x 26,8 cm. Attribué à Frans Hals avant qu'une étude scientifique ne le déclare faux. Ce tableau avait été classé trésor national en 2008.
© Sotheby's

Le procès entre Sotheby’s et Mark Weiss semble avoir trouvé un épilogue. Un procès qui remonte à 2016, lorsque la maison de ventes décide de poursuivre le galeriste et marchand d’art britannique estimant que le Portait of a Man de Frans Hals que celui-ci lui avait confié, était un faux. 

A quelques heures de l’ouverture du procès devant la Haute Cour de Londres, Mark Weiss a annoncé un arrangement à l’amiable avec la partie demanderesse et indemnisé Sotheby’s à hauteur de 4,1 millions de dollars.

L’affaire avait été commentée à l’époque dans Le Journal des Arts. En 2015, Sotheby’s avait dû rembourser 10,7 millions de dollars au collectionneur Richard Hedreen. L'américain avait acquis Portait of a Man, une œuvre précédemment détenue par Mark Weiss, et prétendument réalisée par Frans Hals au XVIe siècle. Cependant, les analyses du laboratoire Orion Analytical, (appartenant à Sotheby’s) ont détecté des pigments modernes dans les sous-couches de la toile : « l’œuvre était incontestablement une contrefaçon ».  

Le tableau en question appartenait auparavant à une figure controversée du monde de l’art, Giuliano Ruffini, un Français dont le nom ressort dans plusieurs affaires de faux. Mark Weiss avait ensuite acheté le tableau pour le mettre en vente par l’intermédiaire de Sotheby’s. Les révélations d’Orion Analytical entraînèrent des poursuites judiciaires à l’encontre du marchand d’art, ainsi que de l’entreprise d’investissement de son associé, la Fairlight Art Venture LPP.

Malgré l’accord passé avec Sotheby’s, Mark Weiss persiste à mettre en doute les conclusions de d’Orion Analytical. Il cite notamment Blaise Ducos, conservateur du Musée du Louvre, qui avait qualifié Portait of a Man de « chef-d’œuvre tardif de Hals », et exprimé le souhait de faire entrer la toile dans les collections du Louvre. De son côté, la société Fairlight, par l’intermédiaire de son avocat ne veut pas lâcher la partie. Puisque « personne n’a prouvé que cette pièce était authentique ou fausse », la société n’entend pas offrir de dédommagements.

 Sotheby’s a indiqué à Artnet être satisfaite : « nous sommes heureux d’avoir pu résoudre ce litige avec Mark Weiss, et restons confiants sur nos positions face à Fairlight Art Venture LPP »
 

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