Mercredi 19 décembre 2018

Ventes publiques

La justice autorise le marchand Mark Weiss à consulter des documents de Sotheby’s

Par Jérémie Glaize · lejournaldesarts.fr

Le 30 novembre 2018 - 314 mots

LONDRES / ROYAUME-UNI

Cette décision intervient dans le litige qui l’oppose à la maison de ventes, concernant un présumé faux Hals.

Frans Hals faux
Portrait d'homme, huile sur panneau, 32,4 x 26,8 cm. Attribué à Frans Hals avant qu'une étude scientifique ne le déclare faux. Ce tableau avait été classé trésor national en 2008.
© Sotheby's

La justice britannique a autorisé, lundi 26 novembre, le marchand londonien Mark Weiss, vendeur chez Sotheby’s d’un tableau de Frans Hals, présumé faux, à consulter les documents internes échangés entre la maison de vente et les deux experts mandatés qui avaient conclu à une contrefaçon

Le marchand souhaitait pouvoir consulter cette correspondance, tandis que la maison de ventes invoquait la confidentialité, car elle était entrée en contact avec les experts en anticipant que la vente serait litigieuse. Un argument que la justice a rejeté. 

Sotheby’s avait dû consentir, à l’été 2016, à rembourser l’acheteur, Richard Hedreen, qui avait acquis l’œuvre en 2011 pour un montant de 10,7 millions de dollars (9,5 millions d’euros). Quelques mois plus tard, Sotheby’s poursuivait en justice Mark Weiss. Ce dernier avait acheté la toile à une personnalité sulfureuse du marché de l’art, Giulano Ruffini, déjà impliqué dans plusieurs affaires de soupçons de contrefaçon

Indiquant que l’œuvre avait été authentifiée comme telle par un conservateur du Musée du Louvre, qui avait par ailleurs considéré l’achat de la toile, Mark Weiss conteste l’authentification menée par les experts mandatés par Sotheby’s. Il souhaitait obtenir un accès au tableau ainsi que des examens complémentaires, l’étude première ayant été conduite par Orion Analytical, laboratoire qui avait ensuite été racheté par la maison de ventes. 

Les experts avaient trouvé des matériaux anachroniques dans le corps de la toile, datant du XXe siècle et non du XVIIe. Après avoir remboursé Richard Hedreen, Sotheby’s souhaite le remboursement des 10,7 millions de dollars. « Nous nous soumettons à la décision. Nous ne pensons pas que la communication de ces documents va avoir un impact matériel dans cette affaire et nous sommes confiants quant au fait que la cour se rangera à nos côtés et ordonnera le remboursement », a indiqué Sotheby’s.

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