Justice

La galerie Wildenstein poursuivie en justice pour la vente d’un « faux » Bonnard

Par Antonin Gratien · lejournaldesarts.fr

Le 13 mai 2019 - 368 mots

NEW YORK / ÉTATS-UNIS

Un consortium met en doute l’authenticité d’une toile vendue par la galerie new-yorkaise et demande son remboursement.

Guy Wildenstein au Palais de Justice de Paris, le 2 mars 2018. Crédit : Photo Geoffroy Van Der Hasselt / AFP.
Guy Wildenstein au Palais de Justice de Paris, le 2 mars 2018.
©Photo Geoffroy Van Der Hasselt / AFP

Une « ingénieuse falsification ». C’est ainsi que Greenway II LLC, un consortium de collectionneurs américains, qualifie la Nature morte à la corbeille de fruits dans une plainte déposée le 5 mai au tribunal de New York. L’œuvre leur avait été vendue en 1985 par Wildenstein & Co, une célèbre galerie new-yorkaise spécialisée dans l’impressionnisme qui avait alors présenté la toile comme une réalisation de Pierre Bonnard (1867-1947). 

Trois décennies plus tard, un expert sollicité par Greenway II LLC a établi que l’œuvre ne figurait pas dans le catalogue raisonné de l’artiste français. Le groupe a alors exigé le remboursement de la toile à hauteur de 275 000 $ auprès de Wildenstein & Co, ainsi qu’un dédommagement de 50 000 $.

Lors de la vente de Nature morte à la corbeille de fruits le 21 juin 1985, la galerie avait fourni une documentation censée authentifier la toile dont l’origine était fixée aux alentours de 1930. Il était notamment indiqué que l’œuvre était passée par la collection de Morris W. Haft, puis celle d’Ogden Phipps en 1965. 

Un pedigree qui n’a pas pleinement rassuré les acteurs de la Greenway II LLC. En prévision d’une vente aux enchères, le consortium avait envoyé la nature morte aux experts de la famille Dauberville.

Jean Dauberville et son fils Henry avaient publié en 1974 le catalogue raisonné de Pierre Bonnard. Non seulement la toile vendue par la galerie Wildenstein & Co n’y était pas mentionnée, mais après avoir examiné l’œuvre, le descendant de la famille, Guy-Patrice Dauberville, l’a déclarée inauthentique dans une lettre du 26 octobre dernier.

Selon les termes de la plainte, « en tant que marchand majeur des travaux de Bonnard, il est évident que Wildenstein était en possession du catalogue raisonné, ou y avait tout au moins accès […] ne pas avertir l’acheteur du non-référencement de l’œuvre est une omission qui relève de la fraude »

De son côté, Steven R. Schindler, l’avocat de la Wildenstein, nie en bloc.  « Ce travail […] a une provenance indubitable. Les allégations de l’accusation sont sans fondements », s’est-il défendu auprès du site artnet news.
 

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