Dimanche 8 décembre 2019

Ecole d'art - Enseignement

PROFESSION

Les diplômés d’écoles d’art ont plus de mal à s’insérer

Par Mathieu Oui · Le Journal des Arts

Le 11 janvier 2019 - 660 mots

FRANCE

La nouvelle enquête d’insertion sur les jeunes diplômés des écoles du ministère de la Culture confirme les résultats précédents et souligne leur plus en plus difficile entrée dans la vie active.

Beaux-Arts Paris
L'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris.
Photo KoS

D’une enquête à l’autre, l’insertion dans la vie professionnelle des jeunes diplômés issus des établissements du ministère de la Culture semble globalement stable. Le taux d’insertion s’établit à 87 % pour l’ensemble des diplômés en 2017, contre 86 % pour la précédente enquête portant sur l’année 2015. Le taux d’étudiants en recherche d’emploi s’améliore légèrement : 9 % contre 13 %. Cette enquête sur l’insertion professionnelle et les conditions d’emploi des diplômés de l’enseignement supérieur culture en 2017 (1) porte sur 15 564 diplômés en 2012, 2013 et 2014, avec un taux de réponse de 49 %. Sont exclus de l’enquête, les diplômés ayant poursuivi leurs études à l’issue du premier diplôme (34 %).

Architectes et artistes, des horizons différents

Sur les quatre filières analysées (architecture, arts plastiques, patrimoine, spectacle vivant), les situations apparaissent cependant très variables. Alors que 93 % des diplômés du spectacle vivant, 89 % de ceux d’architecture et 82 % du patrimoine sont en activité trois ans après leur diplôme, les diplômés des arts plastiques ne sont que huit sur dix en emploi (80 %). Cette difficulté d’insertion touche davantage les titulaires de la filière art : 78 % sont en activité, dont 79 % dans le champ du diplôme et 16 % se déclarent à la recherche d’emploi. La situation des diplômés en design est plus favorable : 88 % d’entre eux sont en activité trois ans après leur diplôme, dont 87 % dans le champ du diplôme. La part des indépendants est particulièrement forte, elle concerne un diplômé d’art plastique sur deux, contre 27 % pour l’ensemble des diplômés.

Concernant les obstacles pour trouver un emploi, 55 % des jeunes issus d’écoles d’art déclarent avoir été freinés dans leurs recherches par une faible offre en adéquation avec le diplôme, 48 % par le manque de réseau professionnel, 17 % par l’insuffisance de la formation et 15 % par la mobilité géographique coûteuse.

En comparaison, le manque de réseau n’est cité que par 38 % des diplômés en architecture et par 20 % des diplômés en spectacle vivant. En matière de rémunération, 58 % des jeunes actifs issus de la filière arts plastiques perçoivent un revenu annuel net inférieur à 15 000 euros contre 32 % pour l’ensemble. La tranche de revenus située entre 15 000 et 20 000 euros regroupe un quart des diplômés en arts plastiques, mais 37 % de l’ensemble des diplômés de la culture.

Hausse de la mobilité internationale

La part des diplômés travaillant à l’étranger est passée de 11 à 21 %, soit quasiment le double entre 2014 et 2017. Les diplômés du spectacle vivant (28 %) et ceux d’arts plastiques (25 %) sont les plus mobiles, et cela concerne en priorité les hommes : 33 % (contre 24 % des femmes) en spectacle vivant et 32 % (contre 21 %) en arts plastiques. Ce taux croissant de diplômés travaillant à l’étranger s’explique d’abord par la difficulté pour ces jeunes en début de carrière de répondre aux exigences de certains employeurs français qui attendent un niveau d’expérience professionnelle important. L’insuffisance d’offres en adéquation avec le diplôme obtenu sur le marché du travail national ou la possibilité d’accéder à un salaire plus attractif sont parmi les autres raisons invoquées.

Compte tenu de ces résultats, il n’est pas surprenant de constater que, comparativement aux diplômés des autres filières, les jeunes artistes présentent une part importante d’insatisfaits (23 %) et une faible part de satisfaits (19 %). On relève, en revanche, la présence d’une part importante de passionnés (27 %) parmi ces derniers, qui considèrent que les missions de leurs activités sont utiles, malgré leur situation défavorable. C’est d’ailleurs parmi les diplômés de l’architecture que l’on trouve le plus de satisfaits (29 %). Ils ont pu en effet bénéficier de conditions d’insertion plus favorables que les autres diplômés : rapidité d’accès à l’emploi, et particulièrement à l’emploi stable, et à des salaires plus élevés.

(1) Wided Merchaoui, L’inégale insertion professionnelle des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur culture en 2017.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°514 du 4 janvier 2019, avec le titre suivant : Les diplômés d’écoles d’art ont plus de mal à s’insérer

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