Territoires

Une « Capitale française de la Culture » en 2022

Par Lorraine Lebrun · lejournaldesarts.fr

Le 13 octobre 2020 - 701 mots

PARIS

Le nouveau label, une idée ancienne, vise à mettre en lumière et développer l’attractivité d’une ville moyenne en France. 

Le vieux port du Suquet à Cannes. © Semec-Fabre.
Le vieux port du Suquet à Cannes.
© Semec-Fabre

Crise sanitaire oblige, la conférence de presse pour le lancement du label « Capitale française de la Culture », prévue le 8 octobre, a finalement été annulée. Mais l’appel à candidatures a lui bel et bien ouvert le même jour. Le but du nouveau label ? « Mettre en valeur le dynamisme et l’attractivité de nos territoires » en distinguant, tous les deux ans, une « Capitale française de la Culture ». Les villes qui souhaitent se porter candidates ont jusqu’au 31 décembre 2020 pour déposer leur dossier sur le site dédié.

Le ministère cible les villes moyennes ou des groupements de communes entre 20 000 et 200 000 habitants, qui doivent proposer un projet novateur et ambitieux en faveur du soutien à la création, de la valorisation du patrimoine, de la transmission artistique et culturelle et de la participation des habitants. 

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot avait expliqué lors des troisièmes rencontres d’Action Cœur de Ville le 8 septembre dernier que ce label avait vocation à donner une « visibilité particulière à ces territoires et profitera à leur fréquentation touristique ». L’occasion de mettre en lumière et de « créer un réel engouement pour une destination, voire même de créer une destination »

Huit critères seront analysés par un jury constitué de 7 personnalités qualifiées : le caractère innovant du projet proposé ; la transmission artistique et culturelle ; la participation des habitants ; le rayonnement et la coopération internationale ; l’accessibilité des personnes en situation de handicap ; la solidarité territoriale ; la capacité de mise en œuvre et l’inscription dans la durée. Ces trois derniers points sont les plus importants, puisqu’ils représentent 50 % du barème. Ce qui montre les ambitions du ministère pour ce label, en termes de cohésion territoriale et d’accès à la culture et sa volonté de voir la dynamique enclenchée s’inscrire dans le long terme. 

L’idée initiale est portée par Bernard Faivre d’Arcier, ancien directeur du Festival d’Avignon, qui publie en 2013 avec Daniel Janicot, président d’un Think Tank culturel, un « Plaidoyer pour une “capitale française de la culture” chaque année » : « Pourquoi […] ne pas imaginer que le ministère de la Culture organise chaque année une procédure de sélection permettant de désigner annuellement une Capitale française de la Culture ? »

Leur constat est que la Capitale européenne de la culture est devenue une manifestation trop lourde et trop coûteuse, qui ne laisse la place qu’aux grandes métropoles. Et surtout, par le principe d’alternance avec les autres pays de l’Union, les échéances entre deux nominations françaises sont très longues : après Lille en 2004 et Marseille en 2013, il faut désormais attendre 2028 pour voir la prochaine Capitale européenne de la culture en France.

Bernard Faivre d’Arcier propose donc la création d’une compétition de la même nature mais à l’échelle du territoire national, adaptée à ses spécificités et surtout plus fréquente. « Une Capitale française de la culture n’est pas une Capitale européenne en version réduite » expliquait-il en 2019 dans la revue des politiques culturelles L’Observatoire. L’idée est ainsi de mettre en lumière les communes moyennes. 

En 2018, il est chargé par Françoise Nyssen, alors ministre de la Culture, de définir les contours du projet en regardant aussi ce qui avait été fait au Royaume-Uni (« UK City of Culture » depuis 2013) et en Italie (« Capitale italiana della Cultura » depuis 2014). Si le calendrier et les modalités de mise en œuvre ont évolué depuis la première mouture de Bernard Faivre d’Arcier (qui fait partie du jury de cette première édition), le label est finalement annoncé lors du 4e Comité interministériel du tourisme en mai 2019.

Le jury présélectionnera 10 candidats, qui seront auditionnés avant la délibération finale. La collectivité lauréate, qui devrait être connue en mars 2021, se verra attribuer une subvention de 500 000 euros du Ministère de la Culture ainsi qu’une contribution financière de 500 000 euros de la Caisse des Dépôts, qui est partenaire de l’opération. Soit une enveloppe totale de 1 million d’euros pour la Capitale française de la Culture 2022.
 

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