Mercredi 8 décembre 2021

Politique - Territoires

ENTRETIEN

Le maire de Villeurbanne « capitale française de la culture » explique son programme 

Cédric Van Styvendael : « Notre parti pris autour de la jeunesse a séduit le jury »

Par Sindbad Hammache · Le Journal des Arts

Le 21 mai 2021 - 694 mots

Villeurbanne

Villeurbanne sera en 2022 la première « Capitale française de la culture ». Son maire en livre le programme, très tourné vers les jeunes de cette ville de la métropole de Lyon.

Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne © Gilles Michallet
Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne.
© Gilles Michallet

Cédric Van Styvendael, 47 ans, est élu maire de Villeurbanne en juin 2020 à la tête d’une coalition de gauche (LFI, PCF, Génération.s), et devient dans la foulée vice-président à la culture de la métropole lyonnaise. Il décroche pour sa ville en mars 2021 le premier label « Capitale française de la culture ».

Vous avez rencontré la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, à Paris le 27 avril pour concrétiser cette labellisation « Capitale française de la culture ». Quel était le contenu de votre candidature ?

Nous avions un programme politique, présenté lors des élections de juin 2020, très tourné vers la jeunesse et la culture, avec le souhait de renforcer le parcours éducatif et culturel. Notre territoire est très jeune, peuplé à 50 % de moins de 30 ans, et doté d’équipements de qualité, comme le Théâtre national populaire, l’Institut d’art contemporain ou l’École nationale de musique. Dans ces lieux-là, on constate un décalage entre la diversité de notre population et [le profil de] celles et ceux qui fréquentent ces établissements. Nous souhaitions renforcer dès le plus jeune âge le lien avec ces lieux de culture pour que ce décalage soit moins prégnant. Quand nous avons vu cet appel d’offres, en plein second confinement, on s’est dit que cela pouvait être un accélérateur très important pour cette ambition.
Nous avons aussi été alertés très tôt, dès la fin de l’été, sur les risques psychosociaux liés au confinement pour les jeunes : décrochage, pathologies dépressives importantes. Nous avons voulu envoyer un signal fort aux jeunes en leur proposant une sortie de crise autour d’événements festifs et culturels. Ces deux éléments nous ont permis d’orienter notre candidature, et de retenir ce thème de la jeunesse.

Que sont les « mini-mix », ce dispositif phare de votre candidature ?

L’objectif est de transformer chaque bibliothèque dans les écoles primaires en un lieu qui va accueillir de la pratique artistique, des représentations, de l’éducation artistique, pourquoi pas des résidences d’artistes. Des médiateurs culturels seront à la disposition des écoles pour monter des projets artistiques. C’est un effort significatif de notre part en termes de recrutement, que le label permet d’accélérer. Ce parti pris autour de la jeunesse, et d’une année culturelle orientée vers le déploiement d’une politique de long terme, c’est ce qui a séduit le jury.

La jeunesse de Villeurbanne sera-t-elle associée à l’organisation des festivités ?

Oui, une très grande manifestation aura lieu à l’été 2022 : nous envisageons un festival (concerts, représentations théâtrales…) accueillant 50 000 personnes, dont les jeunes assureront l’organisation, la programmation, l’accueil, en lien avec des professionnels. Il y a aussi un projet autour de 22 balades patrimoniales, qui seront guidées et commentées par des jeunes. Ils seront formés aux visites par le Rize, un lieu unique d’archives et de conservation de la mémoire, qui organise déjà des promenades urbaines.

Le patrimoine architectural de Villeurbanne, autour du quartier des Gratte-ciel, est très riche. L’année du label sera-t-elle l’occasion de le valoriser ?

C’est un patrimoine qui a été très bien entretenu, et réhabilité récemment. Aujourd’hui nous envisageons de porter une candidature au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous considérons que, dans une métropole comme celle de Lyon, on peut aller vers la reconnaissance d’un patrimoine du XXe siècle qui commence à s’inscrire dans l’histoire. Et, oui, nous espérons bien faire de ce label un moment pour marquer le caractère exemplaire de notre patrimoine, qui reste assez méconnu.

Au-delà des jeunes Villeurbannais, l’année Capitale française de la culture s’adressera-t-elle à toute la France ?

Le cœur du programme, c’est la jeunesse, mais les manifestations visent tous les publics ! Le jury nous avait en effet interpellés sur ce choix de ne pas tourner la candidature vers un tourisme culturel à rayonnement national. Maintenant que nous avons gagné, nous allons enrichir cette partie pour que Villeurbanne accueille la France. L’enjeu, c’est de dire qu’en 2022 on peut venir à Villeurbanne pour assister à des événements culturels, et pour découvrir notre ville qui est un peu dans l’ombre de Lyon.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°567 du 14 mai 2021, avec le titre suivant : Cédric Van Styvendael : « Notre parti pris autour de la jeunesse a séduit le jury »

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