Mercredi 11 décembre 2019

Restitutions

Une délégation de l'Île de Pâques réclame au British Museum la restitution d'une statue

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 21 novembre 2018 - 402 mots

LONDRES / ROYAUME-UNI

« Donnez-nous une chance de le voir revenir » : une délégation de l'Île de Pâques s'est rendue mardi au British Museum de Londres pour demander la restitution du Hoa Hakananai'a, un moaï (géant de pierre) dérobé par les Britanniques en 1868.

Statue Hoa Hakananai'a à l'entrée de l'une des galerie du Brittish Museum
Statue Hoa Hakananai'a à l'entrée de l'une des galeries du Brittish Museum
Photo M.Chohan

Accompagnée par le ministre chilien du Patrimoine national, Felipe Ward, la délégation de Rapa Nui (nom polynésien de l'Île de Pâques, comme de ses habitants et de leur langue) a rencontré des responsables du prestigieux musée londonien. A cette occasion, ils ont pu découvrir, très émus, la statue de 2,4 mètres de haut pour un poids de 4 tonnes, trônant à l'entrée d'une des galeries.

"J'ai presque un demi-siècle de vie et c'est la première fois que je vois le moaï Hoa Hakananai'a", a déclaré la gouverneure provinciale de l'île de Pâques, Tarita Alarcón Rapu. "Je pense que mes enfants et leurs enfants méritent d'avoir la chance de le ressentir, de le voir", a-t-elle ajouté, les larmes aux yeux. "Nous sommes venus jusqu'ici mais nous ne sommes qu'un corps. Vous les Anglais, vous avez notre âme", a-t-elle dit en référence au Hoa Hakananai'a.

La statue avait été emportée sans autorisation en 1868 par le "Topaze", un navire britannique commandé par Richard Powell. La reine Victoria en avait fait ensuite cadeau au British Museum. Cet impressionnant monolithe présente un élément inhabituel : sur son dos sont gravées des figures en bas-relief décrivant le culte de l'homme-oiseau et d'autres aspects du passé énigmatique de l'île. Les habitants de l'Île de Pâques, qui souhaitent offrir une réplique en échange de l'original, considèrent que Hoa Hakananai'a a apporté la paix sur leur territoire, vers l'an 1.000, en mettant fin aux guerres tribales.

A l'issue de la rencontre, Felipe Ward s'est dit optimiste quant à la restitution de la statue, tout en avertissant que le processus de retour serait long. "C'est la première d'une série de discussions", a-t-il dit, assurant qu'une nouvelle rencontre pourrait avoir lieu sur l'île de Rapa Nui, où ont été invités des responsables du musée, et même la reine Elizabeth II. Qualifiant les discussions d'"amicales et chaleureuses", un porte-parole du musée a souligné qu'elles avaient permis de mieux comprendre "l'importance" du Hoa Hakananai'a pour les habitants de l'île. Le musée "se réjouit des discussions autour de futurs projets communs avec Rapa Nui", a-t-il ajouté, sans s'avancer toutefois sur les intentions du British Museum.

Cet article a été publié par l'AFP le 20 novembre 2018.

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