Mercredi 19 décembre 2018

Musée - Donation

Le British Museum accepte une donation de 556 objets en ivoire

Par Jérémie Glaize · lejournaldesarts.fr

Le 2 juillet 2018 - 444 mots

LONDRES / ROYAUME-UNI

La donation au musée londonien intervient alors que le pays s’apprête à voter une loi visant à interdire le commerce de l’ivoire.

Figurine en ivoire représentant la divinité chinoise Shouxing (Étoile de la longévité), un des 556 objets chinois en ivoire de la donation de Sir Victor Sassoon au British Museum
Figurine en ivoire représentant la divinité chinoise Shouxing (Étoile de la longévité), un des 556 objets chinois en ivoire de la donation de Sir Victor Sassoon au British Museum
© British Museum

Il n’est pas facile pour le British Museum d’accepter une donation de plus de 500 objets en ivoire, alors que plusieurs pays, dont le Royaume-Uni ont interdit ou vont interdire le commerce de l’ivoire. 

Ces ivoires chinois donnés à l’institution britannique par le Chinese Ivories Trust de Sir Victor Sassoon datent pour la plupart du XVIe jusqu’au début du XXe siècle. Ils incluent des figurines bouddhistes et taoïstes ou des objets du quotidien, tels des vases ou des éventails. 
 
La donation de ses différents artefacts collectés au début du vingtième siècle intervient alors que le gouvernement britannique examine « l’une des législations les plus sévères du monde », comme l’avait souligné le Secrétaire d’état à l’Environnement Michael Gove. 

Hartwig Fischer, le directeur du British Museum, a vigoureusement défendu la décision de ses collaborateurs d’accepter la donation, en insistant cependant sur le fait que l’institution condamnait le trafic international d’ivoire et n’accepterait jamais de collections d’objets en ivoire moderne. Soulignant l’importance de posséder ce type d’objets dans les musées, il a déclaré que cette acquisition « ferait du British Museum un centre majeur pour l’étude des ivoires ». « Nous ne gagnerions rien à détruire ces objets historiques », a-t-il dit.

La directrice du département asiatique, Jane Portal, précise que le calendrier de cette acquisition, qui était en préparation depuis de nombreuses années, n’était pas liée aux discussions concernant la loi, constatant que « ces objets existent et ont besoin d’un endroit sûr où pouvoir être stockés, et doivent être rendus accessibles à la recherche. Et c’est ce que nous faisons. » 

Le projet de loi, qui doit être discuté à la Chambre des Communes le 4 juillet, fait suite à une consultation ayant recueilli plus de 70 000 réponses. Il concerne la vente d’objets en ivoire de tout âge, et pas seulement ceux fabriqués après une certaine date. Les contrevenants s’exposeront à des amendes et des peines de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans.

La loi permettra cependant certaines exceptions pour les musées, par exemple pour les objets les plus importants et les plus rares, qui devront néanmoins dater d’au moins cent ans.

Après que les États-Unis ont décidé, en 2016, une quasi-totale interdiction du commerce d’ivoire, la Chine a emboîté le pas l’année suivante en interdisant son commerce, à l’exception de certaines catégories d’objets. En France, à la suite de l’arrêté de mai 2017, l’interdiction de faire commerce d’ivoire et de corne bruts, ainsi que des objets fabriqués après le 2 mars 1947 est maintenu, sauf dans des cas limités.

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