Mercredi 22 septembre 2021

Société

Éditorial

Un monde encore plus rétréci

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 5 septembre 2021 - 402 mots

MONDE

Géopolitique. Il y a neuf ans, dans ces mêmes colonnes, nous écrivions que le terrorisme islamique avait progressivement fermé l’accès à de nombreux pays, provoquant un douloureux sentiment de rétrécissement du monde.

Bouddhas de Bâmiyân - Photo UNESCO /A. Lezine - CC BY-SA 3.0
Bouddha de Bâmiyân, avant et après sa destruction en 2001

La prise de Kaboul par les talibans le 15 août dernier et la commémoration à venir des événements du 11 Septembre aux États-Unis, rappellent, s’il en était encore utile, que la situation ne s’est pas améliorée, bien au contraire.

Matrice du djihadisme, l’Afghanistan est un pays interdit aux touristes depuis l’occupation soviétique en 1980. Aujourd’hui, c’est dans les musées occidentaux que l’on peut voir des images des bouddhas de Bamiyan, détruits par les talibans en mars 2001, quelques mois avant les attentats de New York. L’illustre civilisation mésopotamienne reste inaccessible à cause des conflits successifs en Irak, tandis que la guerre civile au Yémen fait rage. L’énumération est sans fin : la Syrie et son joyau Palmyre, la Libye et ses sites antiques, l’Égypte qui résiste avec des militaires à tous les coins de pyramides, les déserts tunisiens, algériens, mauritaniens… À ce rythme, bientôt l’Orient se résumera pour les Occidentaux aux villes artificielles de Doha et de Dubaï alors que les populations civiles des pays en souffrance ont le choix entre une vie de misère ou l’exil.

À cela s’ajoute un nouveau virus : le Covid. Aujourd’hui encore, en dehors de quelques pays européens, il est très difficile d’obtenir un visa pour de nombreux autres États, à commencer par les États-Unis. Sans compter les pays « rouges », ceux recensés par le Quai d’Orsay dans lesquels le virus circule activement et où des variants préoccupants prolifèrent. Même si le Covid est plus vulnérable que l’islamisme radical, la fin de l’épidémie et le retour à la normale pour les voyageurs ne sont pas pour demain.

Fort heureusement un vent d’espoir souffle en France et dans les pays limitrophes où la conjoncture paraît plus assainie que l’an dernier à la même époque. Grâce au vaccin, le spectre d’un nouveau confinement qui affecterait encore une fois les lieux culturels, s’éloigne. La saison des foires s’annonce abondante, amplifiée par les reports de début d’année et le calendrier des expositions dans les musées et centres d’art se remplit très vite. Dans le même temps, l’économie reprend des couleurs. Plombée par une météo estivale qui n’avait rien d’estival, ce n’est pas le zéphyr « Années folles » que l’on espérait en juin, mais au moins une forme de normalité revient.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°572 du 3 septembre 2021, avec le titre suivant : Un monde encore plus rétréci

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