Ventes aux enchères

Les ventes aux enchères mondiales ont chuté de 76 % en mars

Par Barbara Legras · lejournaldesarts.fr

Le 12 mai 2020 - 405 mots

MONDE

Selon Artnet à l’origine de l’étude, le segment supérieur a beaucoup plus souffert que les autres catégories.

Les premiers chiffres sur l’impact de la crise sanitaire et économique sur le marché de l’art commencent à sortir. Le Covid-19 a fait chuter les ventes aux enchères d’objets d’art dans le monde de 76 % en mars 2020, selon une analyse publiée fin avril par Artnet News. Les ventes ont en effet atteint 227 millions de dollars (un peu moins en euros) contre 939 millions de dollars en mars 2019. 

Cette baisse n’est pas une surprise, étant donné que de nombreuses ventes aux enchères ont été annulées ou reportées. La baisse est plus forte en valeur qu’en volume. Les collectionneurs préfèrent attendre des jours meilleurs pour mettre à l’encan leurs œuvres importantes. 

L’étude révèle également que le pourcentage d’invendus a légèrement diminué : 66,8 % des objets ont trouvé acheteur en mars 2020 contre 64,7 % en mars 2019. Beaucoup y voient un signal positif dans un contexte morose : les collectionneurs continuent donc à acheter mais investissent dans des œuvres moins chères. Le prix de vente moyen des œuvres le confirme : 11 000 $ contre 35 000 $ en mars 2019, soit une baisse de 68 %.

Une analyse des crises antérieures dans le secteur montre que les ventes dans le haut du marché chutent toujours plus que celles du segment inférieur. Tel était le cas en 2009, après la crise financière : les ventes des œuvres estimées à plus de 10 millions de dollars avaient chuté de 75 % par rapport à 2008 alors que celles des œuvres estimées entre 1 million et 10 millions de dollars avaient baissé de 60 %. La même tendance est observée avec la crise du Covid-19 mais avec des chiffres bien plus élevés : 91 % de baisse pour le haut du marché entre mars 2020 et mars 2019 contre 71 % pour le segment inférieur. 

Pour autant, le contexte actuel diffère quelque peu de 2009 : l’augmentation des ventes en ligne esquisse un nouveau profil d’acheteur d’art. Celui d’un acheteur à budget moindre, qui se divertit en achetant de chez lui des œuvres en dessous de 10 000 dollars. C’est ce segment de prix attractif qui a subi la perte la moins importante en mars 2020 (-26,5 % par rapport à mars 2019) et qui a vu arriver le plus grand nombre de primo-acquéreurs. Ainsi Christie’s et Sotheby’s déclarent avoir gagné 40 % de nouveaux acheteurs pendant la crise via les ventes en ligne.
 

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