Vendredi 20 septembre 2019

Enchères 2013

Le marché français stagne

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 15 janvier 2014 - 645 mots

En 2013, le chiffre d’affaires cumulé des quatre premières maisons de ventes enregistre une croissance de 0,6 %.

PARIS - Le total cumulé des chiffres d’affaires de Sotheby’s, Christie’s, Artcurial et Drouot atteint 955,6 millions d’euros frais compris (1) en 2013, contre 949,7 millions d’euros en 2012. Cette très faible progression, de 0,6 %, dénote une relative stagnation du marché français. Cependant, les dix premiers opérateurs de ventes volontaires (OVV) français enregistrent une croissance de 7 % et que Drouot continue de baisser (- 5,6 %).

Paris s’internationalise
En excluant les ventes de gré à gré, Sotheby’s redevient numéro un du classement, avec un résultat de 188 millions d’euros, soit une croissance de 3,3 % par rapport à 2012. D’après Guillaume Cerutti, président-directeur général de Sotheby’s France, la place de Paris s’internationalise : « Deux tiers des lots sont achetés par des étrangers, c’est une proportion grandissante en 2013. Ils font confiance à Paris en tant que place mondiale. Ceci démontre l’importance du combat qui a été mené pour maintenir la TVA à 5,5 % afin que Paris conserve son rôle international. » La maison reste leader pour l’art impressionniste et moderne (45,9 millions d’euros), avec le prix le plus haut en France en 2013, le Portrait de Roger Dutilleul (1919), d’Amadeo Modigliani, adjugé 6,5 millions d’euros frais compris.

Cependant, si l’on inclut les ventes de gré à gré, Christie’s est le premier opérateur en France, avec un total de 229,8 millions d’euros. Elle réalise 43,3 millions d’euros en ventes privées (dont 22 millions pour l’art impressionniste et moderne), contre 28 millions d’euros pour Sotheby’s (environ 15 % de son chiffre d’affaires). Selon Frédéric Chambre, vice-président de Piasa, « il est normal d’inclure ce chiffre dans le bilan car il fait désormais partie intégrante de l’activité, même s’il n’est pas vérifiable ». Sans ces ventes privées, Christie’s annonce un total de 186,5 millions d’euros (- 3,6 %). Elle est leader en France pour l’art contemporain (56,8 millions d’euros) et le mobilier et les objets d’art avec une progression de près de 40 % (20,4 millions d’euros). En revanche, elle enregistre une baisse de plus de 60 % pour ses ventes d’art d’Asie (15 millions d’euros), et de plus de 200 % pour son département de livres et manuscrits, qui chute à 4,2 millions d’euros.

Artcurial progresse
Artcurial arrive en 3e position, avec le résultat le plus élevé de son histoire, soit 175,1 millions d’euros, en forte progression (  21,6 %) par rapport à 2012. « Désormais, nous sommes franchement au coude-à-coude avec Sotheby’s et Christie’s », se félicite Francis Briest, coprésident de la SVV. Si les ventes d’automobiles de collection (30 millions d’euros) ne sont pas étrangères à ce bon résultat, « c’est d’abord parce que notre maison séduit mais aussi parce que nos réseaux se sont ouverts à de nombreuses spécialités. Outre une dizaine de départements en progression – comme l’art contemporain, l’art moderne, les tableaux anciens (leader en France avec 10,5 millions d’euros) –, nous avons vendu un Maillol pour 6,2 millions d’euros ainsi qu’un Nicolas de Staël pour 4,7 millions d’euros », poursuit Francis Briest.

Dans le Top Ten 2013 des OVV français, Tajan occupe la 4e place, avec un total de 42 millions d’euros, suivie de Piasa qui gagne 3 places (36 millions d’euros). « Nous avons maintenu les activités traditionnelles tout en développant Piasa Rive Gauche. Nos départements forts sont le design (10 millions d’euros), un secteur enfin reconnu, et les arts d’Asie inclus dans le département mobilier », précise Frédéric Chambre. Suivent Millon & associés (31,9 millions d’euros), Aguttes (28,7 millions d’euros) qui perd 2 places, Cornette de Saint Cyr (28,3 millions d’euros), et deux nouvelles entrées : Thierry de Maigret (27,8 millions d’euros) et Ader (21 millions d’euros).

Quant à l’Hôtel Drouot, il enregistre une nouvelle baisse (- 5,6 %) avec un chiffre d’affaires de 406 millions d’euros (contre 430 en 2012, qui constituait déjà une baisse de 10,8 %). Le problème est connu : « L’Hôtel parisien aurait dû ouvrir des bureaux à l’étranger depuis longtemps ! », commente un spécialiste du marché de l’art.

Ce manque de visibilité à l’international n’est pas étranger à la stagnation du marché français. D’ailleurs, Sotheby’s monde annonce, elle, une croissance de 19 %.

(1) comme tous les autres prix sauf indication contraire

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°405 du 17 janvier 2014, avec le titre suivant : Le marché français stagne

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