Jeudi 19 septembre 2019

Jussi Pylkkanen : « 30 % de nouveaux acheteurs chez Christie’s »

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 23 janvier 2014 - 845 mots

LONDRES (ROYAUME-UNI) [23.01.14] - Jussi Pylkkanen, le directeur de Christie’s Europe commente les bons résultats de sa maison mère dans le monde qui affiche le meilleur chiffre de son histoire. Les ventes de gré à gré progressent plus ( 20%) que les ventes aux enchères. La Chine progresse très fortement, tout comme le nombre de nouveaux acheteurs.

Marie Potard : Quelle est la position de Christie's dans le monde ?
Jussi Pylkkanen : Avec 7,1 milliards de dollars de chiffre d’affaires, Christie’s réalise le chiffre le plus élevé de toute l’histoire du marché de l’art pour une maison de ventes. C’est aussi la 4e année consécutive pour laquelle Christie’s établit un record.

M.P. : Y a-t-il de nouveaux acheteurs ?
J.P. : La question des nouveaux acheteurs est importante. Ils viennent tant des marchés établis que des marchés émergents, tel que la Chine ou bien encore d’Internet. 30 % des acheteurs en 2013 sont nouveaux. Leurs achats représentent 22 % du total des ventes. Parmi les nouveaux acheteurs, 48 % viennent de la zone EMERI (Europe, Middle East, Russie, Inde), 31 % du continent américain et 20 % d’Asie.

M.P. : Qu’en est-il des acheteurs asiatiques ?
J.P. : Ils sont de plus en plus présents, dans de nombreuses catégories, de nombreux lieux de vente, et à différents niveaux de prix. En valeur, les acheteurs chinois représentent 22 %. Les achats des chinois ont augmenté de 63 %.
Nous accueillons des enchérisseurs chinois à travers le monde entier, depuis les ventes impressionnistes de New York, jusqu’aux ventes d’argenterie de Londres.
Compte tenu de notre investissement en Asie et le lancement de ventes aux enchères en Chine continentale, cette progression indique un potentiel de croissance important.

M.P. : Comment progressent les ventes privées ?
J.P. : En 2012, les ventes privées avaient dépassé le cap symbolique du milliard de dollars. En 2013, elles ont augmenté de 20 %, pour atteindre 1,2 milliard de dollars. C’est un domaine qui compte pour la croissance de Christie. Il est nécessaire de pouvoir offrir à notre clientèle plusieurs services, tels les ventes aux enchères, les ventes privées ou bien les ventes en ligne.

M.P. : Quels sont les secteurs les plus forts en 2013 chez Christie’s ?
J.P. : Le département le plus important est celui d’art d’après-guerre et contemporain (2 milliards de dollars). Les ventes dans cette catégorie ont été couronnées de succès dans chaque lieu de vente (Londres, Paris, Amsterdam, Milan et les online-only), avec un nombre significatif de nouveaux acheteurs, intégrant le marché tant à des prix bas qu’à des prix records du niveau des ventes du soir.
Viennent ensuite l’art impressionniste et moderne (1 milliard de dollars), l’art d’Asie (960,6 millions de dollars) et le luxe, incluant les bijoux, les montres et les vins (874,4 millions de dollars).

M.P. : Comment se porte Christie's Hong Kong ?
J.P. : Cette année, Hong Kong a réalisé un chiffre d’affaires total de 914 millions de dollars US (ventes privées non comprises), une augmentation de 30 % par rapport à 2012.
La vente inaugurale organisée à Shanghai en septembre 2013 a enregistré 50 % de nouveaux acheteurs, ce qui souligne une demande importante en Chine.

M.P. : Quelle est la rentabilité de Christie’s France ?
J.P. : Etant une entreprise non cotée, nous ne pouvons pas révéler ces chiffres de rentabilité, mais la France a connu une année pleine de succès – la deuxième meilleure année de son histoire (sans inclure la vente YSL de 2009) - et reste un lieu de vente clé pour Christie’s à l’échelle mondiale. Comme avec les autres lieux de vente, nous accueillons de nouveaux clients, et nous investissons dans Christie’s Paris afin de continuer à aller de l'avant et répondre aux besoins des collectionneurs mondiaux. Les départements leader à Paris, comme la photographie, l’art Déco et l’art tribal sont désormais suivis par une progression dans d’autres catégories, comme l’art d’après-guerre et l'art contemporain. Christie’s Paris continue de miser sur sa réputation de meilleure place de ventes pour la dispersion en France de collections privées de prestige.

M.P. : Que pensez-vous du turnover rapide des experts/spécialistes ?
J.P. : Nous sommes toujours désolés de voir des employés présents depuis longtemps dans l’entreprise la quitter. Mais comme pour tous les marchés en pleine ébullition, il y a de nombreuses opportunités à saisir dans d’autres secteurs du monde de l’art. Comme nous l'avons vu dans les départs d'autres entreprises, cela fait partie intégrante du business, et en réalité, nous avons un taux de rotation très faible. Ce dont on parle moins, ce sont les talents que nous recrutons chaque année et ceux que nous développons. Nous travaillons dur pour que l’entreprise embauche, garde et récompense les personnes talentueuses.

M.P. : Etes-vous inquiet de la montée en puissance d’Artcurial en France ?
J.P. : Non, plus il y a de concurrence plus c’est bon pour le marché. Nous sommes confiants, d’autant plus que Christie’s est en relation avec le plus grand nombre de collectionneurs que n'importe quelle autre maison de ventes. Ceci nous permet d’offrir la plus grande expertise et l'offre la plus large en matière d'œuvres d’art, tant localement que mondialement.

Légende photo

Christie's Paris - © Photo Erwmat - 2013 - Licence CC BY-SA 3.0

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