Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

Le dernier défilé

Par Armelle Malvoisin · L'ŒIL

Le 23 janvier 2009

Estimée 200 à 300 millions d’euros, la fabuleuse collection d’art de niveau muséal du couturier Yves Saint Laurent et de l’homme d’affaires Pierre Bergé sera mise en vente aux enchères sous la coupole du Grand Palais. Du jamais vu.

L'Appartement de larue Babylone %26copy; D.R.

Elle a été baptisée dès son annonce « La vente du siècle ». La dispersion de la collection de tableaux, sculptures et objets d’art réunis par le couturier Yves Saint Laurent, décédé l’an dernier, et l’homme d’affaires Pierre Bergé, promet d’être un spectacle éblouissant. Elle sera précédée de trois jours d’exposition au Grand Palais, pour la première fois transformé en salle de ventes publiques.
En privilégiant la très grande qualité, la rareté, la provenance et l’état de conservation, les deux hommes ont collectionné toute leur vie, avec goût et intelligence. Avec courage aussi. Celui par exemple de dépenser dans les années 1970 un million de francs (152 500  euros) pour une sculpture de Brancusi, soit le prix d’un appartement à l’époque. Ce grand bois sculpté qui provient de l’ancienne collection Fernand Léger est aujourd’hui raisonnablement estimé 15 à 20  millions d’euros.
Plus de 700 lots, la plupart digne d’un grand musée, répertoriés dans cinq grands domaines de collection, et catalogués en 1    500 pages. On exulte avec l’art moderne qui offre une rarissime toile cubiste de Picasso de 1914 (est. 25  millions d’euros), une nature morte de Matisse de 1911 «  parfaite et sensuelle  » aux dires des spécialistes (est. 12  millions d’euros) ou encore trois tableaux en parfait état d’origine (i.e. non rentoilés) de Mondrian, illustrant les théories du peintre, dont Composition avec bleu, rouge, jaune et noir de 1922 (est. 7  millions d’euros).
L’Art déco n’est pas en reste avec notamment un fauteuil aux dragons d’Eileen Gray (est. 2  millions d’euros), une paire de tabourets signée Miklos (est. 2  millions d’euros), provenant de la collection Jacques Doucet, et une paire de grands vases de Dunand (est. 1 million d’euros).
D’autres trésors sont à découvrir aux chapitres des objets de la Renaissance, de l’orfèvrerie, des tableaux anciens et de l’art asiatique. Tels un plat du xvie siècle en émail polychrome par Jean de Court, représentant l’Enlèvement d’Europe (est. 300 000  euros), le Portrait d’Alfred et d’Élisabeth de Dreux par Géricault (est. 4  millions d’euros) et deux têtes du xviiie en bronze, figurant le lapin et le rat et provenant de la clepsydre zodiacale du palais d’été de l’empereur Qianlong (est. 8  millions d’euros chacun).
Parmi les objets les plus accessibles, toujours choisis avec un œil sûr, on note des coupes art déco, des bronzes et boîtes en or du xviiie, quelques dessins et une collection de camées, à partir de quelques milliers d’euros. Pour le luxueux coffret de la vente comprenant cinq catalogues, prévoir 200 euros.

« Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé », ventes le 23, 24 et 25 février 2009 au Grand Palais, avenue Winston Churchill, Paris VIIIe, Christie’s et Pierre Bergé & Associés, tél. 01 40 76 85 85/01 49 49 90 90, www.christies.com/www.pba-auctions.com.

Exposition publique dans la nef du Grand Palais : samedi 21 et dimanche 22 février entrée de 9h à minuit (fermeture définitive à 1h du matin) et lundi 23 de 9h et 13h.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°610 du 1 février 2009, avec le titre suivant : Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé

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