Centre d'art - Politique culturelle

Fin de partie pour Nicolas Bourriaud, le directeur du MO.CO ?

Par Anne-Cécile Sanchez · lejournaldesarts.fr

Le 17 novembre 2020 - 492 mots

MONTPELLIER

À Montpellier, le nouveau maire remet en cause l’Hôtel des Collections. Le mandat de son directeur se termine en avril 2021.

Nicolas Bourriaud lors du vernissage de l'événement « 100 artistes dans la ville » à Montpellier, été 2019. © Marc Domage / MO.CO
Nicolas Bourriaud lors du vernissage de l'événement « 100 artistes dans la ville » à Montpellier, été 2019.
© Marc Domage / MO.CO

L’avenir de l’Hôtel des Collections, inauguré en juin 2019 à Montpellier dans le bâtiment réaménagé de l’Hôtel Montcalm, est-il menacé ? Son concept, - exposer des collections contemporaines, publiques, privées, françaises ou étrangères -, semble, en tout cas, fortement remis en question par la nouvelle équipe municipale. Au point qu’un collectif d’une trentaine d’artistes et de créatifs, baptisé Suzanne LAO SON, s’en est alarmé, publiant une lettre ouverte de soutien au MO.CO (Montpellier Contemporain) qui s’est muée en pétition sur la plateforme change.org.

Rassemblant près de 1 200 signatures à la date du 16 novembre, cette lettre défend une entité existant « depuis à peine 14 mois » et devenue selon le collectif « un élément essentiel de l'écosystème d'Occitanie » dans la diffusion de l’art contemporain. Mais aussi une structure qui aide directement les artistes « en leur donnant des budgets de production pour créer, en leur offrant les moyens d’une visibilité et la possibilité de rencontrer des acteurs de la scène artistique (critiques, curateurs) ou des collectionneurs ».

« Des dépenses pharaoniques »

L’initiative de soutien est née en réaction aux propos tenus par le nouveau maire de Montpellier et président de la Métropole, Michael Delafosse (PS). Dans une interview vidéo réalisée le 23 septembre, mise en ligne par le site d’information LOKKO, l’édile, s’il reconnaît l’intérêt d’une structure tripartite regroupant l’École des beaux-arts ESBA, le centre d’art La Panacée et l’Hôtel des Collections, a cependant des mots très durs quant à la gestion du projet, laissant entendre que celui-ci serait un échec. 

Évoquant « des dépenses de communication pharaoniques, pas transparentes, de 1,5 million d’euros » ainsi qu’« un budget de fonctionnement qui s’élève à 7,5 millions d’euros », Michael Delafosse se dit surpris de constater un déficit, « dès la première année, de 200 000 euros ». Il précise dans cette vidéo qu’il n’entend pas le renflouer. Ajoutant enfin : « je crois que Nicolas Bourriaud (le directeur du MO.CO) n’a pas bien saisi ce qui s’est passé le 28 juin, il y a eu une alternance politique à Montpellier, c’est-à-dire un changement ».

Le contrat se termine en avril 2021

En mars dernier, pourtant, Nicolas Bourriaud confiait nourrir peu d’illusions sur son renouvellement à la tête de la structure si Philippe Saurel, qui avait fait appel à lui, n’était pas réélu. Il semble que ses craintes n’étaient pas infondées. Son contrat arrive à terme en avril 2021, échéance précédée d’un appel à projets lancé dans ce contexte pour le moins tendu. Ce, alors que la quatrième exposition de l’Hôtel des Collections, consacrée à une sélection de la collection Cranford, venait tout juste d’ouvrir ses portes – refermées aussitôt pour cause de confinement – rassemblant des œuvres de quarante-quatre artistes internationaux, de Francis Alÿs à Christopher Wool. 

Le maire, pour sa part, a rappelé son idée d’un projet dédié à l’art contemporain « autour du street art ». Le dialogue, pour autant qu’il ait lieu, sera sans doute délicat. 

MO.CO Hôtel Montcalm à Montpellier - Photo Tenvalzoo 2019 BY-SA 4.0
MO.CO Hôtel Montcalm à Montpellier -
Photo Photo Tenvalzoo 2019

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