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La sirène du Frac Franche-Comté appelle à la réouverture du lieu

Par Marion Pedram · lejournaldesarts.fr

Le 8 février 2021 - 443 mots

BESANÇON

Tous les mercredis, une corne de brume installée sur le toit du Frac veut rappeler sa présence aux habitants.

Frac Franche-Comté, Cité des arts, Besançon © Kengo Kuma & Associates/Archidev/photo Nicolas Waltefaugle
Frac Franche-Comté, Cité des arts, Besançon.
© Kengo Kuma & Associates / Archidev / photo Nicolas Waltefaugle

Comme un appel à l’aide, une corne de brume sonne tous les mercredis à quatorze heures depuis le toit de la Cité des Arts de Besançon, cri de désespoir face à la fermeture prolongée des lieux culturels. Le son vient d’une œuvre, créée en 2013 par l’artiste française Marylène Negro, intitulée La Sirène. Elle n’est habituellement activée que quelques fois dans l’année. Depuis janvier, c’est toutes les semaines que les habitants de Besançon peuvent l’entendre. 

Mercredi, quatorze heures : c’est le jour et l’heure d’ouverture au public du Frac Franche-Comté. Un choix symbolique, pour attirer l’attention sur une situation préoccupante. La sirène sonne trois fois pendant une vingtaine de secondes, et résonne dans toute la ville. Mugissement d’impuissance d’un bateau rivé à quai, cette sirène est une « manière pour le Frac de rappeler sa présence aux habitants » déclare l’institution, un « appel au secours revendicateur face aux décisions imposées au monde de la culture par les pouvoirs publics ».

Commandée à l’artiste pour l’inauguration du Frac à la Cité des Arts de Besançon, en 2013, La Sirène est une œuvre sonore peu visible car installée sur le toit du bâtiment. Elle est habituellement activée lors de l’ouverture d’une nouvelle exposition, trois fois par an, et au moment d’évènements comme les portes ouvertes ou la Nuit des musées. L’artiste, Marylène Negro, plasticienne française née en 1957, se dit ravie, rapporte le Frac, du côté « nostalgique et symbolique » de la nouvelle orientation donnée à son œuvre. Elle percevait initialement La Sirène comme une invitation à voyager au sein des expositions, un bateau culturel qui levant l’ancre. 

Le Frac Franche-Comté n’en reste pas là pour attirer les publics. Dans les vitrines extérieures du bâtiment, les passants peuvent admirer treize œuvres, réalisées par onze artistes différents, choisies en fonction de leur taille et volume pour pouvoir attirer l’œil des flâneurs. Une exposition sous cloche, pensée pour tenter de faire revivre la culture, l’intégrer dans la ville qui, comme le reste de la France, en est coupée depuis trop longtemps. 

Aline Chassagne, adjointe en charge de la culture à la mairie de Besançon, évoque un « désarroi du monde culturel, beaucoup d’incompréhension de la part des lieux artistiques, et le sentiment de ne pas subir le même traitement que d’autres espaces », notamment les commerces. Pour elle, il est important de pouvoir accueillir du public dans des lieux qui « font sens et permettent de réfléchir, d’être ensemble »

Propos recueillis par Marion Pedram auprès de mesdames Aline Chassagne, adjointe culture à la mairie de Besançon, et Clémence Denis, chargée de relations presse du Frac Franche-Comté.

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