Vendredi 4 décembre 2020

Société - Spécial Covid-19

La Culture interdite de public

Par Jean-Christophe Castelain · lejournaldesarts.fr

Le 29 octobre 2020 - 569 mots

FRANCE

Tous les commerces non essentiels et les lieux accueillant du public sont fermés à partir de vendredi.

Galerie d’Apollon du Louvre
La Galerie d’Apollon au musée du Louvre
Photo Tangopaso, 2016

C’est comme « un jour sans fin » a dit hier soir Emmanuel Macron après avoir annoncé le re confinement jusqu’au 1er décembre, au moins. Et c’est vrai que cela ressemble beaucoup à ce que l’on a vécu au printemps dernier.

Le premier ministre Jean Castex doit détailler ce soir jeudi toutes les mesures, mais la règle énoncée par le Président semble claire même s’il n’a pas cité spécifiquement les lieux culturels. Tous les commerces non essentiels doivent fermer à partir de vendredi 30 octobre, et si l’on se réfère au confinement du printemps cela concerne donc aussi les librairies, galeries et antiquaires. En théorie les marchands de journaux restent ouverts. De même doivent fermer tous les lieux accueillant du public, ce qui vise les théâtres, cinémas mais aussi les musées et centres d’art et les foires. 

Cela ne change pas grand-chose pour ces dernières qui étaient déjà concernées par les règles sanitaires en vigueur et qui avaient pour la plupart jeté l’éponge. L’histoire retiendra que quelques chanceux, comme Art Paris en septembre dernier ou Galeristes et Asia Now en octobre ont pu profiter d’un « entre deux » et se tenir dans des conditions plus ou moins acrobatiques. Ce ne sera pas le cas de la semaine de la photo en novembre, qui déjà privée de Paris Photo et de Fotofever, s’éteint complètement avec la fermeture des galeries où la manifestation espérait pouvoir entretenir une petite activité.

Les galeries et antiquaires vont donc fermer jusqu’au 1er décembre ainsi que les musées, centres d’art et écoles d’art pour ne citer que les lieux accueillant du public de notre secteur. Les visiteurs qui avaient réservé un billet pour cette période, seront remboursés, comme l’a annoncé pour sa part le Musée du Louvre. 

Les établissements d’enseignement supérieur vont renvoyer leurs étudiants travailler leurs cours chez eux, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes pour les écoles d’art qui ont fait de la pédagogie en atelier le cœur de leur enseignement.

Est-ce à dire que la situation est la même qu’au printemps dernier ? Pas tout à fait. Les écoles, collèges et lycées restent ouverts et les entreprises peuvent continuer à fonctionner avec une forte incitation au télétravail. Les services publics restent ouverts. On peut supposer que le personnel administratif des musées va continuer à travailler, en présentiel ou à distance, tandis que le personnel d’accueil sera mis en chômage ou en absence technique.

Une fois encore, chacun va se replier sur Internet. Ce sera une bonne occasion de constater ceux qui ont tiré des enseignements du confinement du printemps. Si les maisons de ventes et certaines galeries ont pu roder leurs outils et vont pouvoir déplacer les transactions sur le web, il n’est pas dit que les musées et centres d’art aient profité de la période de rémission pour filmer leurs expositions en cours.

Pour autant, la situation est sombre mais pas catastrophique. Le Président a annoncé une « clause de revoyure dans 15 jours », dont on comprend cependant qu’elle vise surtout les commerces de Noël et donc moins les galeries et musées. Et si chacun respecte les gestes barrières et la distanciation sociale, faisant chuter le nombre de malades dans les services de réanimation, les lieux de culture pourront rouvrir pour les fêtes de fin d’année, en attendant le vaccin.
 

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