Mercredi 25 novembre 2020

Spécial Covid-19

Covid, Bruxelles ferme ses musées et l’Italie ses théâtres et cinémas

Par Pauline Vidal, correspondante à Bruxelles et Olivier Tosseri, correspondant à Rome · lejournaldesarts.fr

Le 26 octobre 2020 - 712 mots

BELGIQUE / ITALIE

Face à la deuxième vague de l’épidémie, la Belgique et l’Italie prennent de nouvelles mesures qui pénalisent la culture.

Le musée de la ville de Bruxelles. © Photo Fred Romero, 2015, CC BY 2.0
Le musée de la ville de Bruxelles.
Photo Fred Romero, 2015

La Belgique se place désormais en phase 4 du baromètre de l’épidémie du coronavirus. 

La gravité de la situation laissait présager vendredi dernier l’annonce d’un reconfinement de tout le territoire mais finalement, le gouvernement fédéral s’en tient à un renforcement du protocole sanitaire : couvre-feu de minuit à 5 heures du matin, fermeture des cafés et restaurants, mise en place du télétravail dès que possible. La Wallonie, plus durement touchée par l’épidémie, étend le couvre-feu de 22 heures à 6 heures et annule les cours en présentiel dans les écoles supérieures et les universités. 

Le monde de la culture pensait avoir évité le pire. Aussi, les annonces de la Région de Bruxelles-Capitale samedi après-midi ont-elles fait l’effet d’une douche froide. Face à la gravité de la situation des hôpitaux bruxellois, il a en effet été demandé à tous les lieux culturels de Bruxelles (musées, centres d’art, cinémas, salles de spectacles) de fermer leurs portes jusqu’au 19 novembre. Les mêmes préconisations concernent les lieux sportifs et les parcs d’attraction. Pour l’instant, ces mesures ne touchent ni la Flandre ni la Wallonie. Seule la ville de Bruxelles est concernée. 

Alors que les huit derniers mois ont relevé du parcours du combattant pour tous les acteurs culturels et artistiques, cette décision les plonge dans un grand désarroi. Même si tous comprennent la gravité de la situation et la nécessité de mettre en place des mesures fortes, beaucoup dénoncent la cacophonie à l’œuvre dans les successions d’annonces contradictoires et le manque de concertation. 

Se manifeste aussi une certaine incompréhension face à une fermeture aussi brutale alors qu’ils appliquent à la lettre depuis leur réouverture tous les protocoles sanitaires exigés et alors que d’autres commerces non-essentiels sont encore épargnés par une fermeture pure et simple. « A l’avenir, si d’autres décisions de ce type devaient être adoptées, le secteur culturel aimerait au moins être consulté. » réclame le directeur de Brussels Museums, Peter Van Der Gheynst.

Musées et centres d’art envisagent déjà un prolongement de leurs expositions en cours. Toutefois, aucune perspective claire ne se dessine, l’échéance du 19 novembre restant une donnée à confirmer. Inutile de préciser à quel point cet épisode ne fait qu’accroître la fragilité d’un secteur d’activité déjà extrêmement précarisé.

Par Pauline  Vidal, correspondante à Bruxelles

Italie, les musées restent ouverts mais  théâtres et cinémas doivent fermer

Le président du conseil italien Giuseppe Conte a renforcé dimanche les restrictions contre le coronavirus, après la publication de chiffres record de nouvelles contaminations. Face à quelques 20.000 nouveaux cas lors des 24 dernières heures c’est la ligne dure qui prévaut. Celle que réclamaient de nombreux présidents de régions en particulier ceux de Campanie et de Lombardie malgré des manifestations contre le couvre-feu et l’opposition des commerçants. 

Mais si les bars et les restaurants devront cesser leur service à 18h, les théâtres et les cinémas ont de nouveau l’obligation de fermer. Les musées sont autorisés à rester ouverts mais en respectant plus que jamais scrupuleusement les mesures de sécurité sanitaire. Le monde de la culture et du spectacle a immédiatement lancé un appel à Giuseppe Conte et au ministre Dario Franceschini. Dans une lettre ouverte, il dénonce les « retombées économiques négatives irrémédiables » que provoquera la fermeture des lieux de culture mais aussi « les conséquences économiques néfastes aussi bien sur le secteur dans son ensemble » que « sur l’état d’esprit des citoyens. » 

Ce demi-confinement est perçu comme une injustice alors que les théâtres et les cinémas ont fait en sorte de respecter les mesures prescrites par les autorités sanitaires pour rouvrir après la première vague de la pandémie ce qui en font des lieux sûrs. « Nous avons reconquis difficilement notre public souvent désorienté par une communication en dents de scie et anxiogène », peut-on lire dans la lettre ouverte. 

Elle pointe les pertes économiques que causeront les nouvelles annulations de spectacles et de tournées qui avaient été reprogrammées. Mais surtout le plus grave reste la privation « du propre imaginaire collectif de l’Italie avec l’impossibilité de faire rêver les citoyens dans un moment difficile et de les transporter au-delà des frontières de leur vie quotidienne. »

Par Olivier Tosseri, correspondant à Rome

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