Mercredi 14 novembre 2018

Restitutions

Des villageois chinois réclament devant la justice néerlandaise la restitution de la momie d'un moine

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 2 novembre 2018 - 443 mots

AMSTERDAM / PAYS-BAS

Les habitants d'un petit village chinois ont saisi la justice néerlandaise afin d'obtenir le retour dans le temple où elle était vénérée d'une statue contenant les restes momifiés d'un moine ayant vécu il y a mille ans.

La statue de Bouddha passée au scanner qui a révélé un corps mommifié à l'intérieur
La statue de Bouddha, prétendue être celle du patriarche de Zhanggong, passée au scanner qui a révélé un corps mommifié à l'intérieur
© Drents museum

Les habitants du village de Yangchun, dans l'est de la Chine, accusent le collectionneur néerlandais Oscar van Overeem d'avoir acheté en 1996 à Hong Kong une statue volée du Bouddha contenant les restes du moine et de s'être entendu une vingtaine d'années plus tard avec un collecteur chinois afin que nul ne sache où elle se trouve actuellement.

"Nous avons grandi avec la statue ... C'est notre chef spirituel", a expliqué mercredi devant le tribunal du district d'Amsterdam un porte-parole des villageois, Lin Wen Qing, après les plaidoieries des avocats. "Pour nous, le plus important est de la voir revenir chez nous", a souligné M. Lin, l'un des six villageois qui ont fait le voyage depuis Yangchun pour assister aux audiences. Les villageois demandent à la justice néerlandaise d'ordonner que la statue retourne dans le temple où elle a été vénérée pendant des siècles et où elle a été volée à la fin 1995.

La statue, surnommée "Le patriarche de Zhanggong" a refait surface en 2015, lorsque des villageois l'on reconnue parmi les objets présentés lors d'une exposition consacrée aux momies au Museum d'histoire naturelle de Budapest. Une scanner de la statue a révélé la présence à l'intérieur d'un squelette, supposé être celui d'un moine chinois qui a vécu il y a un millénaire à l'époque de la dynastie Song (960-1279). Elle a alors été retirée de l'exposition.

Les villageois se sont déclarés convaincus que la statue achetée par M. Van Overeem était celle dont ils déploraient la disparition. Mais M. Van Overeem a affirmé devant le tribunal qu'il n'était plus propriétaire de la statue, et qu'il l'avait échangée en 2015 avec un collectionneur chinois dont il ignorait l'identité. "J'ai échangé la statue lors d'une transaction. J'étais heureux d'apprendre qu'elle retournerait en Chine", a ajouté le collectionneur néerlandais, affirmant ignorer où se trouvait actuellement la statue.

L'avocat des plaignants, Jan Holthuis, a accusé M. Van Overeem d'être en réalité un trafiquant d'objets d'art chinois, d'avoir acheté la statue en 1996 à Hong Kong, plaque tournante du trafic d'oeuvres volées, et de s'être entendu avec le nouveau propriétaire chinois "pour s'assurer que la momie du Bouddha disparaisse afin que les plaignants ne puissent pas" la réclamer. "Je suis un architecte et collectionneur passionné. Je ne suis pas un trafiquant", a rétorqué M. Van Overeem.

Le jugement doit être rendu le 12 décembre.
 

Par Jan HENNOP

Cet article a été publié par l'AFP le 31 octobre 2018.

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