Dimanche 17 novembre 2019

Nomination

Le Power 100 d’ArtReview place la sœur de l’émir du Qatar en tête des personnalités les plus influentes du monde de l’art en 2013

Par Julien Rocha · lejournaldesarts.fr

Le 25 octobre 2013 - 667 mots

LONDRES / ROYAUME-UNI

LONDRES (ROYAUME-UNI) [25.10.13] – La liste annuelle Power 100 du magazine anglais ArtReview a désigné Sheikha Al-Mayassa bint Hamad bin Khalifa Al-Thani, sœur de l’émir du Qatar, personnalité la plus influente du monde de l’art contemporain en 2013. Elle était 11e dans le classement de 2012.

Le magazine en ligne londonien The Art Review a désigné Sheikha Al-Mayassa bint Hamad bin Khalifa Al-Thani, la sœur de l’émir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, en tête du classement des 100 personnalités les plus influentes du monde de l’art contemporain en 2013. Déjà nommée « femme la plus influente du monde des arts » par les magazines Art Auction en 2011 et The Economist en 2012, Sheikha Al-Mayassa est la 2e femme en tête du Power 100 d’ArtReview après la commissaire d’exposition Carolyn Christov-Bakargiev en 2012. Collectionneuse et présidente de l’Autorité des musées du Qatar, ses dépenses pour l’acquisition et la promotion des arts visuels contemporains ont été estimées par le magazine à 1 milliard de dollars par an, soit environ 30 fois plus que les acquisitions du MoMA de New York. Son ambition étant de faire de la capitale de son pays, Doha, une nouvelle place forte à l’international en matière culturelle, elle a été à l’origine des investissements artistiques de son père, l’émir précédent, en réalisant notamment un achat historique dans le marché de l’art en 2012, et elle dirige les nombreux projets muséaux de Doha réalisés par les plus grands architectes (le Musée d’art islamique par Ieoh Ming Pei, le Musée national du Qatar par Jean Nouvel, le Musée oriental par Herzog et de Meudon…).

ArtReview assortit cependant cette désignation d’un commentaire négatif : Sheikha Al-Mayassa a fait son entrée dans le Power 100 en 2011 à la 90e position, pour passer l’année suivante à la 11e. Ces bonds énormes dans le classement ces trois dernières années seraient symptomatiques de la politique d’achat du Qatar depuis quelques années, cherchant davantage à « engranger le blé tant que le soleil brille » qu’à « (devenir] un état libéral. »

Si les classements annuels d’ArtReview, basés sur l’influence des personnalités au cours de 12 derniers mois et celle qu’elles sont susceptibles d’exercer dans l’immédiat, font parfois autorité dans le milieu de l’art, certains ne manquent pas d’être critiques à son égard, notamment vis-à-vis de sa méthodologie très imprécise. Alain Quemin dans son étude Les stars de l’art contemporain (CNRS éditions, 2013), questionne la transparence et l’imprécision méthodologique de ce type de palmarès. L’universitaire suggère des choix éditoriaux pour expliquer la sortie soudaine de tous les architectes et institutions du classement la même année, l’entrée furtive et inattendue de Google à la dernière position en 2006, le fort taux de renouvellement des candidats chaque année (26 % en moyenne) qui ne se maintiennent pas dans la liste d’une année à l’autre, et la place massive accordée aux femmes qui tranche en nombre (42 en 2012) et en position hiérarchique avec les classements concurrents (Kunstkompass : 22 femmes en 2012, Artindex : 23 en 2012, Artnet : 18 en 2012).

Plusieurs français figurent honorablement dans le palmarès 2013 d’ArtReview. Si François Pinault et Bernard Arnault maintiennent leurs positions (le premier monte de la 21e à la 19e place, le second recule sensiblement de la 28e à la 31e place), trois nouvelles entrées sont notables. Le plasticien Pierre Huyghe et le co-fondateur du Palais de Tokyo Nicolas Bourriaud font leur retour dans le classement, le premier passant de la 48e place en 2006 à la 45e cette année, le second entrant à la 87e position bien en dessous de la 56e qu’il occupait en 2010. La directrice de la FIAC Jennifer Flay fait son entrée à la 99e place, semblant confirmer l’impact à l’international de la foire parisienne qu’elle dirige depuis 2003. Le passage fulgurant de la 84e à la 48e position de Sheikha Hoor Al-Qasimi, présidente de la Sharjah Art Foundation, démontre encore une fois la place grandissante des riches pays du Golfe dans le marché de l’art contemporain.

Légende photo

L'autorité des musées du Qatar dont la présidente du Conseil d'administration est Sheikha Al-Mayassa bint Hamad bin Khalifa Al-Thani - numéro 1 du classement ArtReview 100 en 2013 - © Photo Yacine Hichri - 2011 - Licence CC BY-SA 3.0

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