Dimanche 16 décembre 2018

Galerie

Le galeriste David Zwirner en tête du « Power 100 » d’Artreview

Par Elise Kerner-Michaud · lejournaldesarts.fr

Le 12 novembre 2018 - 621 mots

LONDRES / ROYAUME-UNI

La liste des cent personnalités influentes de l’art contemporain du magazine britannique offre son lot de surprises et d’attendus.

David Zwirner portrait
David Zwirner
Photo Dirk Eusterbrock, 2011

Les trois premières places du « Power 100 » 2018 établi par le magazine anglais Artreview sont occupées par le galeriste allemand David Zwirner, le peintre afro-américain Kerry James Marshall et le mouvement de contestation des victimes d’agressions sexuelles, qui a vu le jour en octobre 2017. Ce podium reflète bien les tendances du classement, tiraillé entre la stabilité, avec des figures puissantes établies, et une place croissante accordée aux personnalités liées aux minorités et à l’activisme social. 

Le galeriste David Zwirner, implanté à New York, Londres et Hong Kong,  est présent depuis longtemps dans le classement dont il occupait la 5e place l’an passé. Figure incontournable du marché depuis près de 30 ans, il a fait parler de lui cette année en proposant des tarifs préférentiels pour les petits espaces et les galeries émergentes dans les grandes foires internationales. 

De son côté, Kerry James Marshall réalise un bond important en passant de la 68e à la 2e place. Cela s’explique sans doute parce que l’artiste, dont l’œuvre explore l’identité et les conditions sociales de la communauté noire, est devenu en mai dernier une sorte de symbole, avec la vente de sa toile Past Times acquise pour 21 millions de dollars (18,5 millions d’euros), soit le record pour une peinture réalisée par un artiste afro-américain. 

On pourra s’étonner de voir figurer dans la liste le mouvement #metoo. Si le classement établi par un jury de 30 personnalités anonymes n’est pas accompagné d’explications, quelques déclarations éclairent ce choix. The Guardian rapporte les propos du rédacteur en chef d'ArtReview, JJ Charlesworth, qui un peu à l’instar du Time magazine qui avait fait des Silence Breakers (Briseurs du silence) la personnalité de l’année 2017, explique qu’il s’agit là d’une « tentative pour reconnaître et rendre compte des bouleversements culturels et politiques qui ont ponctué l’année passée ». Le rédacteur Oliver Basciano précise : « c’est à la troisième place car il reste encore beaucoup à faire. »

On pourra noter que, contrairement à l’an passé, il n’y a pas de femme sur ce podium, mais qu’avec 58 hommes et 42 femmes, le classement se rapproche lentement de la parité.

L’observation des 14 nouveaux entrants dans la liste semble confirmer cet intérêt porté aux questions sociales et au militantisme dans les champs les plus variés. Parmi ces personnalités, figure l’artiste féministe Jenny Holzer, qui a inspiré la déclaration We are not surprised contre l’éditeur Knight Landesman accusé de harcèlement sexuel. On trouve également la photographe Nan Goldin, engagée depuis quelques temps dans des actions d’envergure contre le mécénat de la famille Sackler, propriétaire de la compagnie Purdue Pharma, dont un antidouleur est accusé d’avoir conduit au décès de 200 000 personnes. Le philosophe transgenre Paul B. Preciado, prochain commissaire du pavillon taiwanais à la Biennale de Venise, entre aussi dans le classement. Pamela Joyner, collectionneuse d’art afro-américain, qui déclare vouloir ainsi « réécrire l’histoire » est présente à la 36e place. 

Non seulement aucun Français ne figure parmi ces nouveaux entrants, mais la représentation hexagonale n’est par ailleurs pas l’illustration d’un quelconque changement. Les hommes y sont clairement majoritaires, avec des figures de grands propriétaires comme Bernard Arnault ou François Pinault, le galeriste Emmanuel Perrotin, et des artistes reconnus comme Pierre Huyghe, Philippe Parreno ou Kader Attia. La conservatrice Christine Macel, qui avait organisé la Biennale de Venise 2017, est la seule femme française (*) du classement. 

erratum - 13 novembre 2018

Contrairement à ce qui est indiqué dans l’article ci-dessus, Christine Macel n’est pas la seule femme française à figurer dans le classement, la galeriste Almine Rech y occupe la 86e. place. Elle figurait dans le précédent classement à la 88e position.

 

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