Ventes publiques

Une vente caritative en soutien (indirect) aux artistes libanais

Par Olympe Lemut · lejournaldesarts.fr

Le 27 mai 2021 - 424 mots

PARIS

200 œuvres sur papier d'artistes arabes et français sont mises en vente par Ader au profit d’une exposition à venir à l’IMA.

Dia Al-Azzawi, The First Language, 2005, estampe numérique, 50 x 62 cm. © Ader
Dia Al-Azzawi, The First Language, 2005, estampe numérique, 50 x 62 cm.
© Ader

Durement frappée par la crise politique et économique, la scène artistique libanaise peine à se relever neuf mois après l'explosion du port de Beyrouth du 4 août. Le Fonds Claude et France Lemand hébergé à l'Institut du monde arabe (IMA) s'associe à l'étude Ader pour une vente aux enchères caritative intitulée « Hommage à Beyrouth » (Salâmun li Bayrut en arabe). 

Deux cents œuvres sont proposées, issues de dons par des artistes et des collectionneurs privés. Parmi les artistes se trouvent de grands noms de l'art arabe, comme Etel Adnan (Liban), Shafic Abboud (Liban), Dia Al Azzawi (Irak), Farid Belkahia (Algérie) et Mohamed Melehi (Maroc). Les œuvres constituent un panorama assez complet de l'art arabe du 20e siècle. Quelques noms plus contemporains comme le photographe François Sargologo complètent le catalogue de cette vente, ainsi que le conseiller de Jack Lang, Claude Mollard, qui met aux enchères une série de ses photographies du Liban.

Au total ce sont donc 120 estampes, 40 dessins ou peintures sur papier et 40 photographies qui vont être adjugées, et l'intégralité des frais acheteurs sera reversée par la maison de ventes à l'IMA au profit de son musée et d'une exposition prévue à l'automne sous le titre « Lumières du Liban » comme l'indique Claude Mollard. 

Le galeriste et collectionneur d'origine libanaise Claude Lemand envisage en effet depuis bientôt deux ans « une grande exposition d'artistes libanais à l'IMA » mais le projet est retardé de plusieurs mois à cause de la crise sanitaire. Il prend un nouveau sens après l'explosion du 4 août 2020 qui a détruit le centre de Beyrouth et aggravé les difficultés des milieux culturels libanais. Soutien actif de la scène arabe moderne et contemporaine, le collectionneur avait donné au musée de l'IMA, fin 2018, un ensemble de 1 600 oeuvres via le fonds de dotation qui porte son nom et celui de son épouse : les artistes libanais Etel Adnan et Shafic Abboud y occupent une large place, aux côtés d'artistes de la nouvelle génération (Ayman Baalbaki).

Les sommes reversées à l'issue de la vente caritative serviront d'après l'IMA « au musée pour acquérir des œuvres de jeunes artistes du Liban, et [...] continuer à enrichir sa collection d'art ». L'IMA a entrepris depuis deux ans une refonte de son musée et de sa collection d'art moderne et contemporain, dans la foulée de la donation Lemand, et prévoit d'ailleurs d'exposer régulièrement cette collection qui est mal connue du grand public.

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