Diplomatie - Liban

DIPLOMATIE D’INFLUENCE

La France lance un programme de résidences pour soutenir les artistes libanais

Par Olympe Lemut · Le Journal des Arts

Le 30 avril 2021 - 694 mots

BEYROUTH / LIBAN

Piloté par le ministère de la Culture et l’Institut français, le programme Nafas accueillera une centaine d’artistes libanais en France à l’automne 2021.

Gilbert Hage, Toufican Ruins. Ce photographe libanais était en résidence à la Cité internationale des arts au dernier trimestre 2020. © G. Hage
Gilbert Hage, Toufican Ruins. Ce photographe libanais était en résidence à la Cité internationale des arts au dernier trimestre 2020.
© G. Hage

La crise économique qui a suivi l’explosion du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth n’a pas épargné le secteur artistique, comme le relevait l’Unesco en septembre 2020, lors de son programme de débats ResiliArt Lebanon. Le programme de résidence Nafas vise à offrir aux artistes libanais une parenthèse de création en France et à renforcer les liens culturels entre les deux pays.

Trois structures collaborent : l’Institut français de Paris, l’Institut français de Beyrouth et l’Association des lieux culturels de rencontre (ACCR-Europe), sur quarante lieux de résidence au total. « Le programme est cofinancé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et le ministère de la Culture, et bénéficie du soutien des Régions Sud, Hauts-de-France, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, ainsi que la Ville et la Métropole de Lyon », précise Fanny Rolland de l’Institut français. Le budget total est de 400 000 euros, selon l’Institut français qui dotera les artistes d’une allocation mensuelle de 1 000 euros et prendra en charge « les transports nationaux et internationaux [...] ainsi que les frais de visas et d’assurance ». Les structures de résidence prennent en charge les frais de nourriture et de logement.

Mode, arts visuels, musique, littérature

L’Institut Français gère la sélection initiale des dossiers. « Il réceptionne les candidatures sur une plateforme consacrée et procède à l’étude de l’éligibilité des dossiers, en lien avec l’Institut français du Liban », explique Fanny Rolland. Sont éligibles tous les artistes libanais « ou résidant au Liban depuis au moins cinq ans ». Aucun critère d’âge n’est exigé, car comme le souligne Ilinca Martorell, chargée des résidences à ACCR-Europe, « en accord avec l’Institut français, nous souhaitons que l’appel à projets soit le plus large possible, et qu’il n’y ait pas de critère d’âge ou d’origine géographique. Ce sont les artistes de tout le Liban qui peuvent postuler, pas uniquement ceux de Beyrouth ».

Pour la présélection, l’Institut français évalue la pertinence des résidences choisies en relation avec les disciplines des artistes (mode, architecture, arts plastiques, musique ou écriture). Certains lieux sont spécialisés dans les arts du spectacle, comme dans réseau ACCR-Europe dont la directrice Odile Pradem-Faure précise que « les artistes ne sont pas obligés de proposer un projet en arts du spectacle ». Toutefois,l’abbaye de Royaumont (Val-d’Oise) ou celle de Saintes (Charente-Maritime) ont toujours accueilli des musiciens par le passé. Les artistes peuvent postuler pour « trois résidences maximum » et une fois les dossiers examinés par les directeurs des structures, la décision finale sera prise à la fin du mois de mai, dans une commission où siégeront l’Institut français de Paris, celui de Beyrouth, les directeurs des structures d’accueil et le ministère de la culture.

Les résidences se dérouleront à partir du mois de septembre, pour des durées variables. Ilinca Martorell indique que dans le réseau ACCR, la durée des résidences sera comprise entre « deux semaines et trois mois, selon les disciplines. Pour la musique, par exemple, ce sont en général des résidences courtes. Mais, en moyenne, les résidences dureront un mois. » Le réseau ACCR-Europe se fonde en effet sur son programme Odyssée déjà existant pour l’adapter aux résidences Nafas.

« Leur offrir une respiration »

Dans les structures du réseau de l’Institut français, qui regroupe quinze lieux, Fanny Rolland annonce que les résidences dureront trois mois quelle que soit la discipline. À l’Institut du monde arabe-Tourcoing, qui fait partie de ce réseau, la directrice, Françoise Cohen, donne des précisions : « Nous accueillerons un artiste en résidence, pour un projet autour de la bande dessinée. La résidence se fera en parallèle de notre exposition d’automne consacrée aux super-héros. […] Mais l’artiste n’a pas l’obligation de produire une œuvre à la fin de la résidence. Il s’agit plutôt de lui donner une occasion de se concentrer uniquement sur son travail artistique et de rencontrer des professionnels. » Fanny Rolland abonde dans ce sens : « Il s’agit de résidences de recherche et de création, sans obligation de résultat. L’idée est d’offrir aux artistes libanais une respiration [Nafas signifie « souffle » en arabe], afin qu’ils puissent maintenir une activité de création dans le cadre d’échanges culturels avec la France. »

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°566 du 30 avril 2021, avec le titre suivant : La France lance un programme de résidences pour soutenir les artistes libanais

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