Spécial Covid-19 - Foire - Galerie

Passe d’armes entre les galeries et Art Paris

Par Anne-Cécile Sanchez · lejournaldesarts.fr

Le 29 avril 2020 - 378 mots

PARIS

Le comité des galeries et l’organisateur de la foire s’affrontent par communiqués au sujet des conditions de remboursement.

Marion Papillon, présidente du CPGA © Photo Olivier Marty / Guillaume Piens, commissaire général d’Art Paris © Photo Art Paris art fair
Marion Papillon, présidente du CPGA, et Guillaume Piens, commissaire général d’Art Paris
© Photos Olivier Marty / Art Paris art fair

L’accusation a beau être symbolique, elle n’en est pas moins grave. Alors que l’époque est à la valorisation des réflexes d’entraide et de générosité, le comité professionnel des galeries d’art (CPGA) reproche à Art Paris un manquement à « l’esprit de solidarité » censé prévaloir dans ce contexte de crise sanitaire. 

En cause, le remboursement jugé insuffisant des galeries inscrites pour l’édition 2020 de la foire, annulée et reportée à 2021. « 50 % de la facture totale des frais de participation et frais techniques (…) dont la moitié sous forme d’avoir pour la session Art Paris 2021 », précisait le 14 avril dernier un communiqué de France Conventions, la société organisatrice. C’est « faire porter aux galeries la majorité de leurs dépenses engagées pour l’édition 2020 », dénonce à présent le CPGA, qui affirme que le Grand Palais aurait pour sa part confirmé le remboursement intégral des loyers versés par Art Paris. 

En réponse, France Conventions se fait tour à tour humble, « PME familiale en cessation de paiement », puis ironique, « flattée » que le CPGA la compare « à des foires prestigieuses », telles que Frieze ou le groupe MCH, organisateur d’Art Basel, dotés de trésoreries plus solides. Quant au Grand Palais, la société organisatrice ne doute pas qu’il « fasse un geste », mais assure que pour l'heure « rien n'a été confirmé de ce côté »

Art Paris demande par ailleurs aux pouvoirs publics « une exonération d’imposition (…) pour faire face à l’interdiction préfectorale d’ouverture » et à de futures déconfitures liées au confinement. 

En attendant, et en signe d’apaisement, la foire annonce des actions compensatoires, avec la tenue d’une édition « Art Paris Digital » du 27 au 31 mai, en partenariat avec Artsy, des visites virtuelles en galeries et la création d’une plateforme d’échanges entre galeristes et collectionneurs. « Nous ne doutons pas qu’avec la collaboration du CPGA, nous parviendrons à surmonter ensemble cette épreuve. (…) Notre objectif commun est d’assurer la survie et la pérennité de la manifestation et tout particulièrement des galeries de la scène française que nous défendons avec un engagement inégalé. » 

Celles-ci, pragmatiques, persistent et signent, réclamant via leur Comité professionnel que la foire revoit « à la hausse » son offre de remboursement. 
 

Tous les articles dans Marché

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque