Le lancement de MP13 laisse les Marseillais sur leur faim

Par Jean-Christophe Castelain · lejournaldesarts.fr

Le 14 janvier 2013 - 644 mots

MARSEILLE [14.01.13] – Alors que les Marseillais se sont mobilisés en masse pour le week-end d’ouverture de l’Année capitale européenne, le programme des festivités a manqué d’ampleur et le nombre de sites et expositions est encore limité.

Si la Provence est la nouvelle Capitale européenne culturelle pour un an, c’est bien à Marseille que se concentre la plupart des évènements. D’ailleurs c’est dans un Mucem entrouvert pour le week-end de lancement qu’ont été prononcés les discours officiels. L’ambiance n’était pas complètement à la fête. Les évènements au Mali et l’échec de l’opération de sauvetage de l’otage français en Somalie étaient dans les têtes. François Hollande s’était fait remplacer par son Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui n’était pas venu seul pour honorer l’invitation de son hôte Jean-Claude Gaudin. Aurélie Filippetti, Jack Lang « l’inventeur » du concept avec Mélina Mercouri et le Président de la Commission européenne Manuel Barroso étaient présents.

Les élus locaux ont tenu à rappeler, à l’instar du sénateur-maire de Marseille, qu’ils ont « tenu l’engagement d’être prêt le jour venu ». Jacques Pfister, Président de la Chambre de commerce et aussi Président de l’association MP13, a utilisé une métaphore navale pour indiquer que « le bateau MP13 est bien arrimé au port ». Ce volontarisme cache mal la réalité sur le terrain comme ont pu le constater les Marseillais. Bien peu de nouveaux sites et des expositions prévues sont ouverts.

Paradoxalement, ce sont les lieux les moins institutionnels qui sont prêts à temps. La Friche de la Belle de Mai présentait 38 artistes contemporains méditerranéens dans un site agrandi et rénové. Le J1, un immense hangar situé sur l’un des quais du port et mis à disposition pour un an par l’exploitant du port, abrite plusieurs ateliers participatifs ainsi qu’une exposition sur l’histoire de la Méditerranée qui risque de faire grincer les dents. Les chefs-d’œuvre avoisinent des reproductions et des projections vidéos de simples gens d’aujourd’hui dans une ambiance sombre de cargo. A la Vieille Charité, dans le quartier historique, les visiteurs pouvaient découvrir une exposition-dossier sur le « Trésor des Marseillais », un temple construit par les riches habitants de la cité phocéenne au VIe siècle avant J.C. dans le sanctuaire de Delphes et dont ne subsistent que quelques fragments. En sortant de la chapelle ils pouvaient aussi apprécier les photographies de Josef Koudelka.

Voilà pour le menu du jour. Pour le reste, le nouveau FRAC et le palais des beaux-Arts, il faudra attendre le printemps. Idem pour le Mucem signé Rudy Ricciotti, la Villa méditerranée qui le jouxte voulue par le Conseil régional, le futur Musée Regards de Provence installé un peu plus loin dans l’ancienne station sanitaire, qui étaient temporairement entrouverts pour le week-end d’ouverture suscitant de nombreuses moqueries. Alors que la décision était connue depuis plus de quatre ans, « comment s’est-on débrouillé pour ne pas être prêt le jour J », entendait-on souvent.

Pour lancer l’Année capitale, les organisateurs ont donc prévu un week-end complet de festivités. La communication a plutôt bien fonctionné puisque près de 400 000 Marseillais ont convergé vers le Vieux-Port reconfiguré et piétonnier (une réussite) pour participer à « la Grande Clameur ». Cette mobilisation paisible et familiale est sans doute le plus grand succès du lancement car côté spectacle, les animations n’étaient pas au niveau des attentes. C’est dans un ordre dispersé que la foule a commencé à s’époumoner aux alentours de 19h, la grande disjonction de l’éclairage public a consisté à éteindre quelques réverbères, et les feux d’artifices relevaient plus d’une fête de village. Par la suite, les différentes animations, dispersées dans une ville certes très étendue, manquaient de liaison et surtout n’avaient pas été adaptées à la foule des spectateurs.

Le lendemain, dimanche, ils étaient bien peu à affronter la pluie et le froid pour participer aux différentes chasses au trésor des parcours historiques. Même les éléments naturels boudaient.

Légende photo

Le Vieux-Port de Marseille - © Photo Ingo Mehling - 2009 - Licence CC BY-SA 3.0

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