Art contemporain

Un artiste nigérian accuse Damien Hirst d’appropriation

Par Marine Vazzoler · lejournaldesarts.fr

Le 12 mai 2017 - 427 mots

VENISE / ITALIE

VENISE (ITALIE) [12.05.17] – La nouvelle exposition du Palazzo Grassi à Venise présente des statues de l’artiste britannique Damien Hirst. L’une d’entre elles a attiré les foudres de l’artiste nigérian Victor Ehikhamenor qui souligne sa ressemblance frappante avec une Tête d’Ife.

En visitant l’exposition de Damien Hirst présentée au Palazzo Grassi à Venise, l’artiste Victor Ehikhamenor a été attiré par une sculpture intitulée Golden Heads (Female). Très proche, par sa forme, d’une œuvre nigériane (Tête d’Ife) exhumée en 1938 dans la ville éponyme située à environ de 200 kilomètres de Lagos, l’œuvre de Damien Hirst ne mentionne, selon Victor Ehikhamenor, aucune source d’inspiration. Il accuse donc l’artiste britannique d’avoir copié sans le dire cette œuvre nigériane iconique.

Découverte à Ife en 1938, parmi 12 autres têtes en cuivre ou en laiton, l’œuvre que Victor Ehikhamenor compare avec la sculpture de Damien Hirst est aujourd’hui conservée au British Museum de Londres. Elle fut probablement réalisée entre le Xe et le XVe siècle.

Interrogé par le New York Times, l’artiste nigérian a expliqué regretter que Damien Hirst ne donne pas les clés de lecture aux visiteurs qui verront son œuvre. « Ils ne penseront pas que c’est Ife, ils ne penseront pas que c’est Nigérian » en l’observant, a expliqué Victor Ehikhamenor sur son compte Instagram. Damien Hirst a « seulement imité cet art » par ailleurs « très connu au Nigeria. » « Je trouve cela très malhonnête » a-t-il tenu à ajouter.

Et il est vrai que la ressemblance est frappante : tout comme la Tête d’Ife, Golden Heads (Female) de Damien Hirst est couverte de striures, sauf au niveau des lèvres. Sa couleur fait penser au laiton et le style du visage, très naturaliste, est proche du style de ces têtes nigérianes. Les seules différences que l’on peut observer est l’absence de couronne sur l’œuvre exécutée par le britannique et l’absence de perforations indiquant que ces visages étaient ornés de postiches, plumes et perles.

Accusé à d’autres reprises d’avoir plagié ou copié les œuvres d’artistes, Damien Hirst a cherché à ne pas alimenter davantage la controverse : dans un communiqué, son équipe explique que les références à Ife sont mentionnées dans le guide de l’exposition, ce qui est bien le cas : Golden Heads (Female) : Stylistiquement similaire aux célèbres sculptures du Royaume d’Ife (prospère, dans l’actuel Nigéria, vers 1100–1400 EC), cette tête est sans doute une copie d’un original en terre cuite ou en laiton [...].

Information

« Treasures from the wreck of the unbelievable », exposition de Damien Hirst au Palazzo Grassi et à la Pointe de la douane à Venise, jusqu'au 3 décembre 2017

Légendes photos

A gauche : La Tête d'Ife, circa XIIe s., Nigeria, laiton au plomb, 35 x 12,5 x 15 cm - collection du British Museum, © Photo sailko - 2011 - Licence CC BY-SA 3.0

A droite : Damien Hirst, Golden heads (female), Or et argent, 31,1 Á— 21,5 Á— 16 cm - source Instagram

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