Justice

Monaco : l'ex-ministre de l'Intérieur inculpé à son tour, aux côtés de Rybolovlev

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 9 novembre 2018 - 396 mots

MONACO

L'affaire du milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, en conflit avec son ancien marchand d'art suisse, a conduit à de nouvelles inculpations à Monaco visant l'ancien ministre de l'Intérieur Paul Masseron et trois hauts dirigeants policiers, a-t-on appris vendredi auprès du parquet.

Le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, président de l'AS Monaco, assistant le 31 mars 2018 à la finale de la Coupe de la Ligue française de football entre Monaco et le Paris Saint-Germain
Le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, président de l'AS Monaco, assistant le 31 mars 2018 à la finale de la Coupe de la Ligue française de football entre Monaco et le Paris Saint-Germain
© Nicolas Tucat / AFP

Ils sont soupçonnés d'avoir été sous l'influence du patron du club de football de l'AS Monaco. Tous sont inculpés de trafic d'influence passif et de violation du secret de l'instruction, le juge Edouard Levrault estimant également avoir suffisamment d'indices pour ajouter des soupçons de corruption passive.

Parmi les trois policiers incriminés, Christophe Haget, patron de la police judiciaire et son adjoint Patrick Fusari, sont toujours en poste, contrairement à l'ex-directeur de la Sûreté publique Régis Asso, en retraite, selon le parquet. Au total, neuf personnes - dont M. Rybolovlev, patron de l'AS Monaco, son avocate Me Tetiana Bersheda et l'ancien garde des Sceaux Philippe Narmino, l'épouse et le fils de ce dernier - ont été mises en cause cette semaine, après des auditions et des perquisitions, provoquant une onde de choc sans précédent dans la Principauté.

M. Narmino avait été mis en retraite anticipée dès septembre 2017 quand l'affaire avait éclaté, deux ans et demi après une plainte de M. Rybolovlev contre Yves Bouvier, un transitaire genevois devenu marchand d'art qu'il accuse de lui avoir surfacturé des œuvres et dépouillé d'un milliard d'euros, avec la complicité d'une amie commune, Tania Rappo.

Au détour de cette procédure destinée à faire reconnaître l'escroquerie et obtenir la restitution de fortes sommes, des SMS compromettants avaient été retrouvés dans le téléphone portable de l'avocate de M. Rybolovlev, pouvant laisser penser qu'il profitait des bonnes relations de son avocate avec les sommets de l'appareil policier et judiciaire pour piéger M. Bouvier. La police monégasque aurait été prévenue de l'arrivée du Suisse en Principauté par l'avocate du milliardaire russe, avant qu'il ne soit arrêté début 2015.

Le prince Albert II, qui a confié les clés de l'AS Monaco à M. Rybolovlev en 2011 quand l'équipe évoluait en Ligue 2, avait promis que toute la lumière serait faite "de manière indépendante et impartiale".

L'issue judiciaire du dossier reste imprévisible. Les avocats de M. Rybolovlev considèrent que l'utilisation du téléphone dans la procédure porte atteinte au secret des correspondances de l'avocate et est illégale. Ils ont saisi la cour de révision de Monaco, qui pourrait se prononcer en 2019.

Cet article a été publié par l'AFP le 9 novembre 2018.

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