Société

Le mentor des Pussy Riot à l’hôpital, un empoisonnement est suspecté

Par Emmanuel Grynszpan (correspondant à Moscou) · lejournaldesarts.fr

Le 13 septembre 2018 - 341 mots

MOSCOU / RUSSIE

Alors que la répression monte en Russie, Piotr Verzilov est depuis mardi dans le service de toxicologie d’un hôpital moscovite.

Piotr Verzilov
Piotr Verzilov

Piotr Verzilov, artiste actionniste et éditeur d'un journal d'opposition, célèbre pour avoir interrompu la finale de la coupe du monde de football en débarquant sur la pelouse, déguisé en « policier céleste », a été hospitalisé dans un état grave dans l'unité de toxicologie d'un grand hôpital moscovite, a-t-on appris mercredi soir. Ses proches soupçonnent un empoisonnement. Pour pouvoir lui rendre visite à l’hôpital, sa mère et sa compagne ont été contraintes de signer un document leur interdisant de parler à la presse.

Piotr Verzilov, 30 ans, a ressenti les premiers malaises mardi en sortant d'un tribunal où il était jugé pour avoir manifesté dimanche contre le recul de l'âge de la retraite. Il a d'abord perdu la vision, puis l'usage de la parole et a sombré dans un état comateux, indique sa compagne Veronika Nikoulchina. 

Piotr Verzilov est aussi le mentor des Pussy Riot, et le leader du groupe actionniste « Voïna » auteur de performances retentissantes dirigées contre le pouvoir. Il édite Mediazona, le journal en ligne phare de la jeune opposition, qui a publié de nombreuses enquêtes dénonçant la torture en prison et des exactions des services secrets (FSB). 

C'est une série noire pour l'opposition après les menaces physiques du chef de la Garde russe proférées contre Alexeï Navalny (déjà emprisonné), le millier d'arrestations de dimanche, les centaines de procès en cours pour « extrémisme » et la grève de la faim (123e jour) du cinéaste ukrainien Oleg Sentsov. Mercredi, une exposition de l’artiste satirique Vassia Slonov (1969) a aussi été saccagée à la galerie 11.12, situé dans le quartier culturel Winzavod de Moscou. Les vandales, probablement habités de motivations politiques, ont aspergé des tableaux de peinture rouge, endommagé des installations et dérobé des toiles, indique le propriétaire de 11.12 Alexandre Charov, qui dénonce l’inaction de la police. L’exposition « Jérusalem céleste », qui peut être interprétée comme une violente satire du pouvoir russe actuel, avait ouvert la veille, le 11 septembre. 

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