Musée

POLITIQUE CULTURELLE ITALIENNE

Trois directeurs étrangers de musée renouvelés

Par Olivier Tosseri, correspondant à Rome · Le Journal des Arts

Le 18 octobre 2019 - 478 mots

ITALIE

L’Autrichien Eike Schmidt, le Français Sylvain Bellenger et le Britannique James Bradburne, ont été confirmés à leur poste après le retour au pouvoir de l’ancien ministre de la Culture Dario Franceschini.

Sylvain Bellenger, directeur du Musée de Capodimonte à Naples © Capodimonte
Sylvain Bellenger, directeur du Musée de Capodimonte à Naples
© Capodimonte

Rome. Les directeurs étrangers des musées italiens peuvent remercier l’instabilité politique de leur pays d’adoption. Le retour de Dario Franceschini à la tête du ministère des Biens et Activités culturels à la suite de la chute du premier gouvernement souverainiste de Giuseppe Conte les confirme dans leur poste. Celui qui fut à l’origine de la réforme donnant plus d’autonomie aux grands musées transalpins et confiant certaines de ses institutions les plus prestigieuses à des ressortissants européens ne cache pas sa satisfaction. « [La réforme] a démontré son succès en permettant une augmentation du nombre des visiteurs ces dernières années, a déclaré Dario Franceschini, empêchant au dernier moment la remise en cause qu’avait lancée son prédécesseur Alberto Bonisoli. « Elle a été surtout un magnifique instrument pour moderniser les musées italiens grâce à la qualité des directeurs. » En particulier ceux de nationalité étrangère qui ont été confirmés dans leurs fonctions pour un second mandat de quatre ans. C’est le cas du Britannique James Bradburne à la Pinacothèque de Brera, mais surtout de l’Allemand Eike Schmidt aux Offices de Florence et du Français Sylvain Bellenger, ce dernier était salué par le ministre pour son excellent travail à Naples. Le nombre des visiteurs du Musée Capodimonte a progressé de 47 %.« Je vais m’atteler au plus vite à la réalisation du “Grand Projet Capodimonte”, a commenté son directeur, un campus multidisciplinaire qui donnera une spécificité culturelle à chacun des dix-sept édifices de l’époque du royaume des Bourbons qui sont présents sur le site. »

Une sélection internationale « légitime »

La nomination de sept directeurs étrangers à la tête des principaux musées nationaux transalpins en 2015 avait suscité de virulentes polémiques au sein même du ministère. Le tribunal administratif de Rome avait même été saisi par plusieurs candidats malheureux et décidé que l’appel à candidature ne pouvait être élargi aux citoyens non italiens. Une décision cassée par le Conseil d’État. Le tribunal administratif avait finalement statué en 2017 que, dans le cadre de la gestion d’un musée, une tâche « essentiellement économique et technique, une sélection publique internationale est […] donc légitime ».

Tous les responsables étrangers ne demeureront pas à leur poste. C’est le cas de l’Autrichien Peter Assmann, directeur du complexe muséal du palais ducal de Mantoue, qui retourne dans le Tyrol. Ou encore de son compatriote Peter Aufreiter, à la tête de la Galerie nationale des Marches, qui quitte son poste en pointant les limites de la réforme de Dario Franceschini : « J’ai dû faire face à la bureaucratie et au manque de personnel. 80 % de mon temps était consacré à des tâches administratives, aux appels d’offres et à des missions qui ne relevaient pas de mon rôle. Il manque le personnel compétent pour le faire. »

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°531 du 18 octobre 2019, avec le titre suivant : Trois directeurs étrangers de musée renouvelés

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