Mercredi 17 juillet 2019

Politique

Marbres du Parthénon : la Grèce préfère la diplomatie aux tribunaux

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 18 mai 2015 - 512 mots

ATHENES (GRECE) [18.05.15] - Le ministre grec de la Culture, Nikos Xydakis, décide de ne pas intenter de procès pour obtenir la restitution des marbres du Parthénon, exposés au British Museum de Londres.

Le ministre de la Culture grec, Nikos Xydakis a annoncé qu’il préférait la voie diplomatique plutôt que judiciaire pour récupérer les marbres du Parthénon : « la route pour récupérer les trésors est diplomatique et politique, et non par le biais des tribunaux internationaux, où les résultats sont loin d’être assurés ». Il a ajouté qu’Athènes souhaitait opter pour la voie diplomatique et politique, assurant que la cause de la Grèce gagnait progressivement du terrain.

Le ministre grec ne suit donc pas les conseils d’Amal Clooney. Depuis octobre 2014, l’avocate et par ailleurs femme de l’acteur, étudie les options juridiques avec le cabinet d’avocats londonien Doughty Street Chambers et l’archéologue David Hill. Ces avocats sont rémunérés par un riche mécène grec anonyme. Sa visite à Athènes, en octobre 2014, avait contribué à médiatiser l’offensive grecque pour le retour des marbres en Grèce. Elle a préconisé à Nikos Xydakis de faire une demande officielle de rapatriement des marbres puis de soumettre une réclamation juridique à la Cour internationale de la Haye. Elle proposait également un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme en cas de rejet de la demande initiale.

Nikos Xydakis a finalement préféré la diplomatie, une solution qui passe mal auprès des militants internationaux qui y voient un renoncement du gouvernement grecque.

La restitution de ces frises est une véritable bataille pour les grecs.
La Grèce réclame depuis 1983 le retour de ces sculptures millénaires. Emportées par Lord Elgin, diplomate britannique auprès de l’Empire ottoman, elles sont arrivées en Grande-Bretagne en 1806. Elles ont été conservées initialement à la résidence londonienne de Lord Elgin, à Park Lane, puis à Burlington House, à Piccadilly. Vendues en 1816 au British Museum, elles y sont actuellement exposées. La vente a été approuvée par une loi votée au Parlement britannique, l’achat a été financé par des fonds publics. Tandis qu’Elgin affirmait avoir obtenu des Ottomans, qui gouvernaient la Grèce à l’époque, la permission d’emporter les œuvres, Athènes considère cette acquisition comme un vol. Les autorités grecques ont sollicité le Gouvernement britannique à de maintes reprises. La ministre de la Culture grecque de 1981 à 1989 puis de 1993 à 1994, Melina Mercouri, a mis sa notoriété personnelle et celle de son mari, le réalisateur Jules Dassin, au service de cette cause. A l’occasion de l’ouverture du nouveau Musée de l’Acropole d’Athènes en 2009, le débat de la restitution avait été relancé, sans succès. En août 2013, la Grèce avait demandé l’aide de l’UNESCO pour réaliser une médiation. Le British Museum et le gouvernement du Royaume-Uni ont refusé cette offre de médiation. Le British Museum n’a cessé d’affirmer que les frises sont indissociables de la collection du musée. Les Britanniques avaient proposé une alternative aux Grecs : leur prêter les marbres ponctuellement. Les Grecs ont refusé faisant valoir qu’il s’agissait d’une question de fierté autant que de patrimoine artistique et culturel.

Légende photo

Amal Clooney à Londres en mai 2014 © Photo Foreign and Commonwealth Office - 2014 - Licence CC BY 2.0

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