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La fermeture du musée Chillida : symptôme de la crise économique en Espagne

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 3 décembre 2010 - 352 mots

HERNANI / ESPAGNE

HERNANI (ESPAGNE) [03.12.10] – La crise économique oblige le musée Chillida-Leku de Saint Sebastien (Pays Basque) à fermer ses portes au public à compter du 1er janvier 2011. Le musée poursuivra cependant sa mission de conservation et sa participation à des expositions.

La Ferme Zabalaga dans le parc de 12 hectares du musée Chillida Leku (2005)
La Ferme Zabalaga dans le parc de 12 hectares du musée Chillida Leku (2005)
Photo Echiner

Le Musée Chillida-Leku, qui abrite les oeuvres du sculpteur Eduardo Chillida (1924-2002), annonce qu’il fermera ses portes au public le 1er janvier 2011. L’institution privée, inaugurée en 2000 et gérée par la famille de l’artiste affirme que son déficit chronique aggravé par la crise économique rend « insoutenable » la poursuite de son activité. Le musée maintiendra sa mission de conservation et de diffusion par sa participation à des expositions nationales et internationales.

Bien que situé à Hernani loin du centre ville de Saint Sébastien, le musée Chillida-Leku a accueilli 810 000 visiteurs depuis son ouverture. Il est ainsi le premier musée d’art de la province de Guipúzcoa en nombre de visiteurs, et se place parmi les quatre principaux musées de la région du Pays basque.

Depuis plus de deux mois, la famille Chillida réclame aux autorités publiques des aides pour sauver le musée de la fermeture. Elle réaffirme dans un communiqué sa volonté de parvenir à un accord dans le respect des conditions définies par ses créateurs.

Le cas du musée Chillida-Leku n’est pas isolé, nombre de musées privés d’artistes gérés par leurs héritiers sont mis à mal par la crise. Se pose alors la question de l’intervention des institutions publiques pour les sauver de la faillite. Or, vu la conjoncture, le Ministère de la culture ou les autorités publiques sont réticentes à intervenir en faveur de musées hors de leur responsabilité. Une analyse d’El País évoque ainsi un « divorce entre les héritiers des artistes et les institutions », préjudiciable à la protection et à la diffusion de la culture.

Plus globalement, en proie à la crise, les principaux musées d’Espagne sont au régime sec : leurs budgets se sont réduits jusqu’à 30 % en 2010, les obligeant à revoir leurs projets et programmations. Les mots d’ordre étant : rigueur, recours au financement privé et coproductions des expositions.

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