Mercredi 20 février 2019

Collection

Quel avenir pour la collection Thyssen-Bornemisza à Madrid ?

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 19 février 2010 - 459 mots

MADRID (ESPAGNE) [19.02.10] – La célèbre collection d’une valeur d’environ 800 millions d’euros est l’objet d’une dispute entre la baronne Thyssen-Bornemysza, Carmen Cervera et son fils. L’Etat espagnol n’étant pas en mesure de la racheter, celle-ci pourrait quitter le musée à Madrid.

« Peu de visiteurs imaginent la tourmente qui se cache derrière les cadres dorés » précise notre confrère du The Independent. En effet, une querelle familiale entre la baronne et son fils, Borja Thyssen pourrait influer sur le sort de la riche collection. D’autant plus que cette dernière intervient juste au moment où l’Etat espagnol tente de négocier son acquisition.

Cette collection – 200 œuvres majeures des maitres flamands du XVIIe siècle à l’expressionnisme allemand en passant par Monet, Sisley ou Braque – fut réunie grâce à l’héritage reçu de son mari, l’industriel suisse le Baron Hans Heinrich Thyssen-Bornemisza.

En 2004, la baronne prêta son trésor à l’Etat espagnol pour une durée de sept ans gratuitement. Le musée géré par l’Etat investira l’équivalent de quelque 22 millions d’euros pour la construction d’une vaste annexe pour les abriter.

Cependant le prêt arrive à échéance en février 2011. La baronne a fait allusion à l’idée de déplacer la collection à l’étranger sans préciser pour autant la destination en déclarant qu’elle ne « pouvait pas donner plus de détails avant d’avoir parlé à ses avocats », mais qu’elle était « sûre de parvenir à un accord » qui permettrait à sa collection de rester visible à Madrid.

Par ailleurs, il était prévu que la baronne vende sa collection à l’Etat espagnol comme l’avait fait son mari en 1993 pour un montant d’environ 258 millions d’euros. A cette époque, les experts avaient évalué la collection de 800 peintures datant du XIIIe au XXe siècle à plus de 2 milliards de dollars (1,5 milliard d’euros) – juste après celle de la reine Elisabeth II.

Mais le moment n’est pas propice pour l’Etat espagnol, touché par la crise, de s’engager sur l’achat d’œuvres d’art estimés à 800 millions d’euros alors que le gouvernement de Jose Luis Rodriguez Zapatero met en place un plan pour réduire le déficit. Les négociations ont envisagé un accord de prêt à raison de 10 millions d’euros pendant 25 ans. Mais là encore le gouvernement ne peut suivre.

D’autre part, le fils de la baronne, Borja Thyssen, en conflit juridique avec sa mère qui le poursuit pour « révélation de secrets » revendique au même titre que sa mère l’héritage de la collection.

Lors d’une visite récente sur le chantier de construction du futur Carmen Thyssen-Bornemisza Museum de Malaga, un palais rénové qui doit abriter ses œuvres du XIXe espagnol, elle ironisait sur le sort de sa collection madrilène : « si aucun accord n’est trouvé, j’emporterais tout à Malaga et nous construirons un autre musée ». Affaire à suivre.

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