Dimanche 20 septembre 2020

Nomination

Jean-François Hebert renouvelé au Château de Fontainebleau

Par Jean-Christophe Castelain · lejournaldesarts.fr

Le 30 octobre 2017 - 707 mots

FONTAINEBLEAU

FONTAINEBLEAU [30.10.17] - Le président de l’établissement public entame un troisième mandat qui va lui permettre de continuer la mise en œuvre du vaste schéma directeur de restauration et de réaménagement du château.

Jean-François Hebert
Jean-François Hebert

Un mois, un mois qui a paru bien long à Jean-François Hebert qui attendait le décret présidentiel depuis que son deuxième mandat à la tête du Château de Fontainebleau s’est officiellement terminé le 20 septembre dernier. Pourtant cet inquiet de nature n’avait pas de raison particulière de douter : son bilan depuis son arrivée en 2009 est largement positif. Il a su rendre plus attractif un lieu qui s’était un peu assoupi, supportant de plus en plus mal la comparaison avec son grand rival qu’est le Château de Versailles.

Le nombre de visiteurs a ainsi fait un bond de 350 000 en 2009 à 510 000 en 2014 avant de baisser en 2015 et 2016 (466 000) comme tous les musées franciliens. Cette hausse est due à une politique dynamique de manifestations, composée à la fois d’expositions qui attire de 76 000 visiteurs (Louis XV à Fontainebleau en 2016) à 90 000 visiteurs (François Gérard en 2014), de festival de musique (Django Reinhardt), de salon (du chocolat !) et bien sur le Festival de l’histoire de l’art.

Son parcours au ministère de la Culture et à la présidence de la Cité des sciences et de l’industrie lui ont appris que la communication est aujourd’hui devenue indispensable pour assurer le rayonnement d’un lieu. Surmontant une discrétion et une pudeur naturelles, il multiplie les opérations permettant de faire parler du Château.

Mais son grand œuvre est la restauration du Château. Cet énarque qui a le sens du service public chevillé au corps veut laisser aux générations suivantes un bâtiment en état de résister au temps. Son passage à la Cour des comptes et dans les cabinets ministériels, dont la direction de celui de Christine Albanel alors ministre de la Culture lui ont appris comment obtenir des financements d’Etat. D’abord établir un diagnostic de l’état du bâtiment afin de mesurer les enjeux. C’est ce qu’il s’emploie à faire dès son arrivée en 2009. Cette phase s’est achevée en 2013, pour un coût de plus de 2 M€. Puis il lui faut convaincre sa tutelle de s’engager sur des travaux, répartis sur plusieurs années avec un phasage précis. C’est chose faite avec Fleur Pellerin en 2015 qui signe un plan pluriannuel de travaux de 115 millions d’euros devant s’achever en 2026. Les deux premières années ont permis de restaurer la toiture de l’aile Louis XV et d’installer des bouches à incendie un peu partout, juste à temps pour éteindre un début de feu en juin dernier. A venir, d’indispensables travaux de protection volumétrique, cruellement mis en lumière avec le vol en 2015 d’une quinzaine d’objets du cabinet chinois de l’impératrice Eugénie, dont il est peu probable qu’on les retrouve un jour. En 2019, il est prévu de créer de nouveaux accueils, d’ouvrir un restaurant, de faciliter l’accès à la Cour ovale...

Il lui faut aussi montrer à l’Etat qu’il sait mouiller sa chemise et chercher des financements par lui-même. Il a ainsi convaincu le cheikh Khalifa ben Zayed al-Nahyane, président de la fédération des Émirats arabes unis de lui donner 5 millions d’euros (en échange de son nom) pour la première tranche de restauration du théâtre impérial ouvert en 1857, qui n’avait été utilisé qu’une dizaine de fois sous Napoléon III et qui était fermé depuis 1941. Le cheikh vient de donner son accord pour un deuxième don de 5 M€ qui permettra de financer la restauration de la scène.

A terme, Jean-François Hebert veux organiser deux parcours de visite, afin de mieux incarner l’identité des lieux : un parcours François 1er et un parcours Napoléon. Il vise 1 million de visiteurs et sait pouvoir s’appuyer sur le maire de Fontainebleau, Frédéric Valletoux, qui est aussi le président du Comité régional du tourisme d’Ile-de-France, un sacré atout quand il s’agit de mieux attirer les touristes, alors que le Château souffre d’un éloignement de Paris et de transports en commun peu commodes.

C’est maintenant au tour de Guy Amsellem, le président de la Cité de l’architecture et du patrimoine d’attendre son renouvellement qui doit être annoncé le 5 décembre.

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Légende Photo :
Jean-François Hebert © Photo Château de Fontainebleau - 2012 - Licence CC BY-SA 4.0

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