Galerie - Ventes publiques

Éditorial

Galeries et biotechnologies

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 27 novembre 2020 - 377 mots

MONDE

Marché de l’art. Il se pourrait que l’un des gagnants du « monde d’après » dans le marché de l’art (encore que plus personne ne parle du « monde d’après », tout le monde ayant hâte de retrouver le « monde d’avant ») soit les maisons de ventes.

Vente en ligne d'art impressionniste et moderne par Sotheby's New York en juin 2020. © Sotheby's
Vente en ligne d'art impressionniste et moderne par Sotheby's New York en juin 2020.
© Sotheby's

Les confinements ont fait découvrir les enchères en ligne aux clients traditionnels et surtout à de nouveaux clients, et nombre d’entre eux y reviendront après la crise. Il faudra cependant attendre l’an prochain et les rapports 2020 de Clare McAndrew et du Conseil des ventes pour prendre réellement la mesure du phénomène.

On ne peut pas en dire autant des « viewing rooms » des salons et galeries qui ont proliféré comme les pois rouges de Yayoi Kusama ou des plateformes en ligne type Artsy. Toutes, malgré un discours enthousiaste, se refusent à communiquer des chiffres de ventes un peu sérieux, jetant un doute sur la réalité de ce marché.

Au demeurant, comme aime à le répéter notre éditorialiste Pascal Ory, la crise ne fait qu’accélérer des tendances déjà à l’œuvre. Les maisons de ventes ont depuis longtemps compris la nécessité de se réinventer en permanence en multipliant les nouveaux services pour leurs clients : ventes de gré à gré, ventes garanties, prêt d’argent, gestion de collection, transport des lots adjugés et, depuis quelques années, immobilier de luxe.

Le numérique va considérablement enrichir leurs bases de données. La data, c’est le pétrole du XXIe siècle. L’enjeu aujourd’hui est de rassembler le plus de données structurées sur le profil des clients, leurs goûts, leurs habitudes afin de pouvoir, d’un point de vue macro-économique, identifier des tendances et bâtir de nouvelles offres et, d’un point de vue micro-économique, avoir une communication ultra personnalisée, donc plus efficace avec ses clients.

Les analyses comparatives et prospectives de modèles d’affaires et de rentabilité entre maisons de ventes, foires et galeries manquent aujourd’hui, mais on sent bien intuitivement que les plus gros vont s’imposer. Cela ne veut pas dire que les galeries ont perdu la partie, mais on s’achemine vers une redistribution des rôles un peu comme dans la fabrication des vaccins et médicaments. Aux galeries et sociétés de biotechnologie, la recherche de nouveaux talents et de nouvelles molécules ; aux maisons de ventes et « Big Pharma », la production et ventes en masse.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°556 du 27 novembre 2020, avec le titre suivant : Galeries et biotechnologies

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