Justice

Un Giotto exporté illégalement d’Italie

Par Jérémie Glaize · lejournaldesarts.fr

Le 26 juillet 2018 - 334 mots

LONDRES / ROYAUME-UNI

La justice britannique donne raison à l’Arts Council England qui refusait de statuer pour l’exportation d’une peinture vers la Suisse.

Giotto di Bondone, <em>Vierge à l'Enfant</em>, 1297, détail.
Giotto di Bondone, Vierge à l'Enfant, 1297, détail.

Le tableau Madonna con Bambino de Giotto di Bondone pourrait ne plus jamais quitter l’Angleterre, où il a été importé illégalement il y a près de dix ans, selon la Haute Cour de justice de Londres. L’œuvre, une Vierge à l’Enfant sur panneau de bois, avait été acquise par Kathleen Simonis en 1992 à Florence, pour 8 millions de lires italiennes (4 130 euros). Considérée jusqu’alors comme une imitation du maître datant du XIXe siècle, la peinture avait été attribuée à Giotto lors d’une restauration en 1993 et estimée à environ 10 millions de livres sterling (11,2 millions d’euros). 

Giotto di Bondone, <em>Vierge à l'Enfant</em>, 1297.
Giotto di Bondone, Vierge à l'Enfant, 1297.

En février 2007, la propriétaire de l’œuvre l’a finalement transférée en Angleterre, ce que les autorités italiennes jugeaient pourtant illégal. L’affaire a été portée à plusieurs reprises devant les tribunaux italiens. Souhaitant transporter son œuvre en Suisse en 2015, la propriétaire a sollicité l’Arts Council England (ACE), l’organisme public de financement culturel, pour bénéficier d’une demande d’exportation mais l’institution britannique s’est déclarée incompétente pour délivrer le document. 

L’ACE a donc proposé une exportation vers l’Italie où les autorités compétentes pourraient ou non décider de son déplacement vers la Suisse. Une décision contestée par Kathleen Simonis, qui s’est alors tournée vers la justice. Dans sa décision rendue lundi 23 juillet, la juge Justice Carr abonde cependant dans le sens de l’institution. « Au regard de la loi européenne, l’ACE n’est pas l’autorité compétente pour délivrer une licence d’exportation vers la Suisse », écrit-elle.
 
Bénéficiant à l’époque de différentes autorisations de sorties de territoire, l’œuvre a voyagé en Suisse en 1995 et aux États-Unis trois ans plus tard, avant de retourner en Italie en 1999, où les autorités l’avaient jugée « d’une importance historique et culturelle exceptionnelle », rapporte le tribunal dans son jugement officiel. La propriétaire de la toile qui se trouve à Londres devra désormais en découdre avec les autorités italiennes pour obtenir un laissez-passer.

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