Mercredi 19 décembre 2018

Art ancien

Un Giotto secret révélé à quelques privilégiés

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 9 mars 2010 - 447 mots

FLORENCE (ITALIE) [09.03.10] – Grâce à l’utilisation de rayons ultraviolets, une équipe de restaurateurs italiens a découvert de saisissants détails originaux des peintures de Giotto de la chapelle Peruzzi dans l’église Santa Croce de Florence, cachés pendant des siècles.

« Nous avons découvert un Giotto secret » a déclaré avec fierté Isabella Lapi Ballerini, chef du laboratoire responsable de la restauration, l’Opoficio delle Pietre Dure de Florence. Aujourd’hui, les restaurateurs sont en mesure de voir les détails des peintures que Michel-Ange admirait en son temps et sur lequel elles auraient eu une influence considérable.

Les peintures – réalisées par Giotto vers 1320 – altérées par le temps et ruinées par plusieurs restaurations fort peu heureuses prennent une nouvelle vie. Les scènes apparaissent de nouveau en trois dimensions, les effets de clair obscur sont bien visibles. « Les corps étaient coincés dans des vêtements, ils sont maintenant en trois dimension. On peut voir les plis des drapés et même les expressions des visages » précise Ballerini.

Les peintures de la chapelle Peruzzi ont été réalisées vers la fin de sa vie avec la technique de la peinture « a secco », sur du plâtre sec, contrairement à ses fresques de la chapelle Bardi à Santa Croce ou encore ses œuvres à Saint-François d’Assise. Pour certains experts, Giotto cherchait à obtenir un effet esthétique différent de celui atteint avec la technique de la fresque. Ce qui lui a permis d’aboutir à quelque chose de plus riche en termes de couleurs et de détails décoratifs précise Frosinini.

Au fil du temps, la peinture sèche s’est fragilisée. Commandée en 1299 par la famille Peruzzi, elle fut blanchie à la chaux dans les années 1700 pour faire place à une nouvelle décoration voulue par un « noble » membre de cette même famille. Peinture blanche supprimée en 1840. Le XIXe siècle restaurateur avec ses techniques de l’époque plus ou moins sûres – solvants rudes, tampons en laine d’acier entre autres – continua d’endommager la couche originale.

Cette découverte est certes, exceptionnelle, mais malheureusement éphémère car seulement visible à la lumière ultraviolette et donc inaccessible au grand public. Un bombardement constant des peintures par cette lumière serait non seulement difficile à réaliser, mais surtout nuisible. Selon les restaurateurs, une des façons de partager cette trouvaille avec le public serait la mise en place d’un projet – complexe et onéreux – permettant aux visiteurs de profiter d’une visite virtuelle de la chapelle après une cartographie complète de la chapelle aux ultraviolets.

En 2009, une douzaine de restaurateur ont entrepris une étude « diagnostic » – financée en partie par la Fondation Getty de Los Angeles – de l’état des 170 m² de peintures de la chapelle afin d’en faciliter la restauration future.

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